Le taxi nous attends, les hommes montent les bagages sur la galerie ouf…souffle court ! Nous partons en direction de l’agence, dans les rues, spectacle tout aussi animé qu’hier soir et vu la circulation démente, nous avons le temps d’admirer les va-et-vient et les petites échoppes que nous n’avions vu hier soir que d’un côté de rue.

Arrivés à l’agence, le 4 x 4 et son  chauffeur- guide Martin, sourire aux lèvres, nous attend, présentations, tout de suite le courant passe, le chauffeur nous paraît fort sympa, il a un visage franc et serein.

Nous quittons les quartiers « bas » de la capitale pour nous élever sur « El Alto ». La vue lorsque nous montons est superbe. Martin s’arrête pour que les photographes immortalisent le paysage. 1000 m de dénivelé en peu de temps…çà monte dur. Enfin après de nombreux virages en lacets, et une piste qui a succédé à l’asphalte, nous voici sur le plateau « el alto ».

A voir ces constructions accrochées aux flancs du canyon, on s’imagine un peu les dégâts lorsque les pluies diluviennes déferlent sur ces flancs, que d’éboulements et de maisons détruites. C’est fou et démentiel, certaines de ces constructions ne sont vraiment soutenues que par de petits murets que la moindre pluie détruit. Ici sur l’Altiplano, appelé El Alto, les pauvres s’entassent.

Quel chemin tous les jours pour les hommes et les femmes, chargées d’un enfant dans le dos et de la marchandise à vendre, tout ce petit monde descend et remonte chaque jour pour quelques bolivianos. Quel bonheur d’être née en France, à chaque fois, c’est la même réflexion, mais cela paraît tellement naturel qu’une fois rentrés, on oublie les conditions de ce peuple, et des peuples côtoyés tout au long de nos périples.

Traversée de l’Altiplano jusqu’à l’entrée du parc national de Sajama via le village de Curahuara de Carangas et sa petite église coloniale au toit de chaume, richement décorée de fresques en très bon état de conservation.

En route, petit arrêt pour photographier les chullpas, sépultures chipayas, mais vidées par des pilleurs. Un homme passant en vélo n’est pas très content il pense que J-Marie l’a photographié. Heureusement Martin notre guide lui fait comprendre que J-Marie a photographié le paysage, mais pas lui….assez dure discussion. Finalement il enfourche son vélo et repart en marmonant.

La piste est bonne et nous conduit au village de Tomarapi. Faune abondante et variée : alpagas, vigognes et par chance deux autruches plus petites que les autruches africaines. Flamants roses sur la laguna Huana Khota que nous longeons avant de parvenir au village de Sajama. Nous continuons la piste jusqu’aux sources d’eau chaude au pied du volcan Sajama.

Nous déposons nos bagages au gîte de Dona Théodora et Don Luis et sans perdre de temps car le jour et la température baissent nous nous rendons aux sources d’eau chaude à environ 600 m du gîte.

Il fait déjà sombre et les bains chauds, vu la température extérieure, ne nous incitent pas à la baignade, par contre, un jeune couple d’allemands fais trempette à poil…il fait très frais, je pense que la température avoisine le zéro. Un solitaire a installé sa tente près des sources chaudes. Pour parcourir ces 600 m, d’un pas un peu accéléré, vu la tombée du jour, j’ai le souffle court, je ne me sens pas très bien, heureusement un petit bistrot se trouve à proximité des sources et les bienfaits d’un maté de coca me ravigote et pour le retour, je repars en forme avec une allure plus rapide. Nous sommes ici à 4300 m et c’est tout à fait normal que notre organisme ne soit pas encore acclimaté à cette altitude. Que sera la nuit  à cette altitude ???

Nous arrivons au gîte à la nuit, il était temps. Bonne soupe à base de quinoa, de légumes et papas déshydratées, purée, œuf, viande séchée de lama. Le décor est grandiose, la voûte céleste constellée d’étoiles, je n’en ai jamais vu autant. Ici, à cette altitude et loin de toute pollution c’est superbe.

Après manger nous admirons le ciel et bien vite nous regagnons nos chambres rustiques mais tout de même confortables. Notre chambre se compose de 3 lits, nous avons Bernard comme pensionnaire. Beaucoup de couvertures très lourdes, mais nous préférons nous glisser dans les duvets et profiter aussi des couvertures. J-Marie garde même son bonnet.

Difficulté pour trouver le sommeil, l’altitude en est la cause. Finalement au bout de très longues heures, entre la digestion du repas fort copieux pour le soir et l’altitude, la fatigue finalement l’emportera mais ce sera un sommeil en pointillé pour nous tous.

J’espère que je n’aurais pas un besoin urgent la nuit, car avec ce froid….pisser dehors ne m’enchante guère. Finalement c’est à l’aube naissante qu’un besoin pressant se manifeste, il fait encore très sombre et je ne m’aventure pas jusqu’à la cabane prévue pour les « besoins solides », je fais très doucement pour ne pas réveiller « les hommes » et je fais un petit pipi à l’angle du mur de la chambre. Les étoiles sont encore accrochées au firmament et très vite je regagne mon sarcophage bien chaud. J-Marie aussi fait une escapade nocturne, mais ne voulant pas le déranger je me retourne et essaie de me rendormir.

Vivement que le jour se lève, je ne me sens pas très en forme, je croque un cachet de  coramine glucose  en espérant que le malaise s’estompera… eh bien oui, c’est passé.