Le jour a l’air de vouloir se lever, j’en profite munie de pq (papier wc) pour aller dans la cabane « merde » mon rouleau à la main. Ces W.C me font penser à ceux de bonne-maman Fargues situé dans leur jardin, mais chez elle il y avait

un trône plus confortable pour les fesses. Ici ce sont des W.C à la turque. Il fait un froid glacial et mes fesses gèlent. Le présent est déposé bien droit dans le trou, et vite j’essaie de regagner la chambrette…mais une envie de rendre me prend, j’essaie de vomir, mais mes efforts sont vains. Peu à peu le malaise s’estompe, Bernard a pris lui aussi le relais, mêmes symptômes que moi, envie de rendre mais rien ne vient.

A l’aube le paysage est surnaturel, le volcan enneigé, les couleurs des montagnes, le troupeau de lamas dans son enclos, les moutons et agneaux sont déjà réveillés, c’est un spectacle unique. Mais lorsque le disque solaire apparaît derrière la colline, c’est l’embrasement qui commence, les montagnes s’éclairent, l’enclos et ses habitants prennent des couleurs, les petits agneaux vont vite rejoindre leur mère pour la première tétée matinale. Dona Théodora déjà s’occupe de tout ce petit monde. Le photographe mitraille, c’est fantastique.

Toute la petite équipe des cinq a très mal dormi, maux de tête, envie de rendre, mal à respirer. Le petit déjeuner avec beignets, confiture et miel va nous remettre d’aplomb.

Les hommes chargent les bagages sur le toit du 4 x 4 et c’est là qu’ils ressentent l’essoufflement, très dur au dessus de 4000 m. Nous saluons nos hôtes et repartons vers la frontière chilienne.

Arrêt en route dans un petit village et sa superbe église au toit de chaume. Nombreux troupeaux d’alpagas et de lamas broutent dans les prairies. Nous abandonnons la piste pour une partie asphaltée jusqu’à la frontière chilienne.

Une sorte de péage sépare la Bolivie du Chili, des femmes de part et d’autres de la frontière vendent de la nourriture, elles sont assises toujours coiffées de leur chapeau de feutre et vêtues de jupons superposés. Les formalités sont assez rapides grâce à Martin qui a l’habitude.

Face à nous une superbe montagne aux tons pastel : des beiges, des bleus, des gris, gamme de verts et tout cela sous un ciel divinement bleu, c’est splendide.

Le paysage est superbe, volcans enneigés, lagunes, flamants roses, certains, les chiliens sont d’un rouge vif, d’autres sont plus clairs, c’est merveilleux, un décor de flamants sur fond de lagune et de volcans enneigés, c’est incroyable de beauté, nous sommes dans le parc national de Lauca. Les vigognes très élégantes se parent d’une robe beige marron, ton très chaud, leur laine est la plus fine au monde et aussi la plus chaude.

Arrêt en route pour le casse-croûte et visite au joli marché très coloré avec vue superbe sur les volcans.

Au marché, beaucoup de tissages colorés, j’en profite pour acheter étuis lunettes, et diverses tapisseries de laine très colorées représentant des scènes champêtres, avec des villages aux constructions typiques. Achat de l’écharpe en alpaga pour papa.

Nous quittons le marché après avoir dégusté un petit casse-croûte nous reprenons la route, arrêt près d’un ruisseau pour nos photographes, le 4 x 4 penche sur le côté droit, mais notre chauffeur est un expert en la matière et nous nous sentons en sécurité. La piste est de plus en plus mauvaise.

Etape le soir à Putre (Chili) petite ville à 3500 m, qui existait déjà à l’époque préhispanique et servait d’étape pour transporter le minerai d’argent de Potosi vers Arica. Nous logeons dans un très bel hôtel en pleine ville, la douche chaude est la bienvenue. Martin nous dit que Putre est une étape de transition pour s’acclimater à l’altitude et éviter ainsi le mal des montagnes. Repas en ville. La nuit fut bonne et nous permet de récupérer.

Le matin nous sommes frais et dispos, les maux de tête ont disparu, la petite équipe est en forme et tout le monde prend place dans le véhicule pour une autre journée.

Sur la piste : croix avec des fleurs « plastique » et petit oratoire, c’est un accident nous dit Martin ! Arrêt à un poste de contrôle, Martin, muni de nos passeports descend les faire tamponner. Nous reprenons la route vers de grands espaces ou des troupeaux de moutons, lamas et même des oies se partagent les larges prairies. L’eau est à certains endroits gelée, derrière ce décor toujours le volcan Guallatiri, cette fois actif. Paysages bucoliques où les troupeaux paissent en toute quiétude.

Tiens tiens, voici deux lamas traversant la rivière sous l’œil d’un mouton venu se désaltérer. Au bout de 2 h 30 nous voici au salar de Surire qui tient son nom de la présence d’autruches (suri en langue Aymara). Nous observons 3 variétés de flamants (Chili, Andes, James) et de nombreux troupeaux de lamas, alpagas et vigognes. Casse-croûte près des sources d’eau chaude, il fait un petit vent frisquet, heureusement un petit bâtiment nous sert d’abri, dommage pour le bain chaud.