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Augustin nous dit que nous ne partons pas dans l’immédiat, nous ne sommes nullement pressés et nous laissons bercés par le doux balancement de l’embarcation.

Le chaland largue les amarres et nous naviguons sur le fleuve avec pas mal d’îlots de jacinthes mauves. Nous longeons le rivage avec de part en part quelques arbres. A peine avoir quitté la rive, nous contournons un méandre. Tout en haut, une foule très colorée venant au marché.

C’est un spectacle coloré, magnifique. Entre gorges et falaises, toute la vie du fleuve défile devant nous. Nous sommes en plein cœur du pays Sakalava.

Des aigrettes ont emprunté un radeau fait de jacinthes d’eau, elles nous narguent car elles naviguent plus vite que nous, les coquines !!

D’une rive à l’autre, spectacle permanent : oiseaux, travaux des champs avec charrettes et zébus, enfants se baignant dans le fleuve, lessive, et même toilette.

A la cuisine, le cuistot s’agite…çà sent bon et un léger grésillement fait frémir nos papilles !!!

Sur la rive 3 jeunes filles palabrent tout en nous regardant, l’une d’entre elles paraît surprise lorsque j’enlève le chapeau et qu’elle découvre mes cheveux blancs.
Nous sommes sur un bras du fleuve pendant 500 mètres. Un chaland fait office de taxi brousse et conduit les gens au marché dans les villages riverains. Ici, pas de route, tout se fait par le fleuve.

Sur notre gauche, nous longeons le massif montagneux. A certains endroits, le bateau fait du slaloom pour éviter d’être bloqué sur les bancs de sable. Un des skippers est obligé de descendre, il a de l’eau jusqu’à la taille et pousse le chaland à l’avant, un autre l’aide à la manœuvre avec une longue perche.

Je suis monté sur le pont supérieur faire un passage sur le relax. De là-haut, la vue est superbe, heureusement qu’il y a un parasol et des matelas bien confortables.

Quel silence simplement troublé par le tchock..tchock du moteur ! C’est un véritable régal de goûter à ces endroits paisibles. Plus loin ce sont des chercheurs d’or agitant leurs battes… je leur souhaite de faire une bonne « pêche au trésor ».

L’heure du repas a sonné : descente sur le pont inférieur où la table est mise et le premier plat bien décoré avec une salade de légumes à peine cuits suivie de poissons avec riz – orange en dessert. Sieste sur le pont supérieur.

Escale …on remonte la berge et marchons un peu dans la forêt pour accéder à une cascade propice à la baignade. Ici nos premiers lémuriens, un régal pour le photographe. Nous regagnons notre « Navire » pour accoster pas très loin de là sur un banc de sable bordant la forêt. Augustin nous montre le niveau d’eau à la saison des pluies Il est évident qu’à la saison des pluies la navigation est interrompue, les bancs de sable immergés ne laissent aucune possibilité pour les bivouacs.

Nous nous baladons sur ce banc de sable jusqu’à une hutte en bambou où habite une famille. L’homme squelettique et malade est assis dans un coin. Sa femme souriante est accompagnée d’une fillette et d’un garçon âgé d’une douzaine d’années qui joue sur une guitare « fait maison ». 2 garçons tentent de faire voguer une pirogue fabriquée par leurs soins…Hélas la voile faite d’un bout de chiffon trouée fait entrer un vent assez fort ce qui n’aide pas trop à la manœuvre…La voile est dure à hisser, mais ils passent leur temps et font preuve de beaucoup de patience.

La maman vend dans sa petite hutte : bières, limonades. Nous  achetons 4 bières, les clients ici sont rares. J’espère que les touristes qui ont accosté plus loin et à qui j’ai dis ce qu’elle vendait vont venir. Une touriste d’un chaland voisin me dit : Ah ! ils vendent de la bière fraîche ???! Comble de bêtise dans un pays qui, dans la plupart des villages n’a pas l’électricité. Sur ce banc de sable perdu entre fleuve et forêt, la réflexion me paraît vraiment déplacée, vu le contexte et les conditions de logement !

Au retour près du chaland. Notre équipage s’en voit pour le montage de nos tentes avec le vent qui souffle…. Après bien des manipulations, en voilà une qui est montée.
Ils attaquent la seconde. Le sac contenant les « sardines » s’envole, heureusement pas trop loin pour les récupérer. Voici la 2ème tente en place. Ce soir nous sommes 4 chalands « asabler » pour le bivouac.


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