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Jeudi

Quelques gouttes de pluie lors de notre coucher à 19 h 30. Eh oui on se couche tôt à Mada…mais on se lève tôt aussi.

La nuit fut agitée par les cris des habitants ailés de la forêt, nous avons eu droit à un concert… cacaphonique ! Réveil à 5 h 30….mais nous attendons 6 h avant de mettre le nez hors de la tente.

Il fait super beau, le niveau du fleuve est monté de près d’1 mètre. Il a plu il y a 2 jours et çà se voit, heureusement que nous n’avons pas mis le campement trop près de la rive.

Après un bon petit déjeuner, le chaland vogue sur le fleuve grossi. Il a changé de couleur : un ocre rougeoyant, des amas de mousse, branches, bambous, bancs de jacinthes nous précèdent par endroits.

Sur les rives nous longeons de petits villages aux cases recouvertes de toits de chaume.
Le matelot éclaireur nous montre des lémuriens…mais dans la forêt très dense, pas facile de les voir.

Augustin m’explique que dans le Nord-Est de Madagascar c’est le domaine des cacaotiers, caféiers. Production aussi dans l’île de bananes, poivre, girofle, vanille, cannelle.
Nous longeons le long du fleuve quelques plantations de tabac et croisons quelques chalands transportant ces feuilles de tabac. Le chaland sur lequel nous naviguons est un chaland à tabac, reconverti en bateau de plaisance.

Cette croisière ô combien relax vaut, à elle seule, une visite à Madagascar tant elle comporte de scènes incroyables. Le spectacle est permanent, on ne s’ennuie jamais au fil du fleuve.

Après 1 h 30 de navigation, on accoste près d’un village de 1700 habitants. Panneau à l’entrée « Témoins de Jéhovah ». Construction de maisonnettes en bambou, torchis et toit de chaume. Marché journalier avec sa boucherie de plein air voisinant avec un restaurateur de radios et de téléphones.

Je discute un moment avec l’instit attendant les parents d’élèves pour une réunion.
Ecole du lundi au vendredi soir avec repos le mercredi après midi. Que d’enfants !!! il en sort de partout…Je laisse quelques fournitures scolaires à l’instit et nous avons droit à un comité de départ avec les filles.

A midi repas sympa avec salade de légumes cuits : choux fleurs, tomates, sardines, courgettes, riz cantonais avec boulettes de zébu sauce tomate.

Petite sieste après le café. Le vent se lève et tempère un peu la chaleur. A 16 h arrêt pour visite de baobabs pour certains âgés de 1000 à 1300 ans. Dans cette région, on trouve 3 sortes de baobabs : Andansonia za – Andansonia grandidieri – Andansonia fony.

Dans le monde : 9 sortes de baobabs. Madagascar en possède 7.

A 16 h 30, arrêt pour notre chaland le long d’un super banc de sable où nous sommes accueillis par des enfants et des mamans du village proche. Ce soir, nous dit Augustin, nous aurons droit à un concert et des danses typiques. C’est la raison pour laquelle, Augustin a pris de la distance dans l’amarrage du chaland qu’il a éloigné des autres chalands pour que nous soyons tranquilles…Brave Augustin…on se comprend, même sans trop se parler.

Les skippers sont aller ramasser du bois…il n’en manque pas. Les voici revenant avec un arbre mort…nous aurons un bon feu de bois ce soir pour le concert.

Après le repas, il fait déjà bien nuit lorsque nous voyons arriver la troupe. En tête un homme avec un tambour-jerricane suivi d’un autre avec la guitare malgache. Femmes et fillettes du village se préparent à danser et se mettent à la queue leu leu.

J-Marie a pris son enregistreur, çà va lui servir. Tout ce petit monde s’agite, se trémousse au son de la guitare et du tambour. Parfois les airs sont chantés. Un petit garçon âgé de 2 ans, déposé par sa maman danseuse est sagement assis près du guitariste. Tout à coup il se lève pour rejoindre la ronde.

Pas et gestes sont bien rythmés, les hanches et postérieurs s’agitent frénétiquement au rythme de la musique. Pendant près d’une heure, les danseuses nous interprètent plusieurs pas de danses avec des variantes dans les mouvements des pieds.
A certains morceaux de musique, les danseuses et l’unique danseur frappent dans leurs mains. C’est attendrissant, sans prétention, ni chichis, un vrai moment de bonheur simple que nous partageons avec ce peuple si attachant.

Nous prenons part avec le frangin à la danse, J-Marie est trop occupé à immortaliser la scène et le son. Ambiance « bon enfant » qui me fait chaud au cœur. Tout le monde est heureux que nous participions à la danse. Il faut dire qu’ici, ces gens-là ne doivent pas avoir d’autres distractions à part les travaux des champs, l’école peut-être pour les enfants…c’est l’isolement total à part ces moments partagés avec les touristes lorsque le fleuve le permet.

Déjà, lorsque le chaland a accosté, femmes et enfants curieux sont venus nous voir, ils étaient très intrigués et sont restés plus d’une heure assis sur la rive. Augustin nous servait d’interprète ce qui nous a permis de communiquer.

Vendredi

Petit déjeuner, déjà 2 danseuses d’hier soir et le petit garçon sont déjà là pour nous dire au revoir…le moteur commence à cracher, nous repartons pour la dernière étape. En principe dans 3 heures nous serons rendus à Belo à l’embouchure du fleuve sur le canal du Mozambique.

Le décor a changé ce matin, grandes forêts de baobabs. Le long du rivage des enfants nous font de grands signes de la main. Un chaland a accosté, il attend un chargement de bananes, haricots, pois chiches. Des martins-pêcheurs plongent pour une partie de pêche. Ce matin le fleuve vire de la teinte cacao à café au lait, dûe aux orages lointains que nous avons entendu hier soir. Sur quelques bancs de sables des huttes en bambou et feuilles de palmiers. Nous croisons des petites îles de jacinthes voguant sur les flots colorés. Ici c’est un palmier fait sa grasse matinée allongé sur le fleuve.

Les falaises de sable longeant le fleuve s’effondrent à tout moment d’où bancs de sable et par endroit la pirogue fait du gymkhana.

Peu à peu on se rapproche de la rive gauche des baobabs. Sur la rive droite le relief est plat et sablonneux avec pas mal d’arbustes. Une charrette très chargée tirée par 2 zébus remonte la berge.

Tout au bord, 2 fillettes se savonnent mutuellement.


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