MAROC 2003

11 PAGES

 

Départ le 31 janvier à 11 h.

Après quelques semaines de stress ( nous partons plusieurs mois), nous y voilà enfin. Les conditions météo mauvaises, neige sur les Pyrénées nous font changer d’itinéraire, faute d’inaugurer le tunnel du Somport, partons vers la côte : Irun, Bilbao… Ce matin, froid sec, sous un ciel gris nous incite à ce voyage vers le Sud. Plus nous nous rapprochons de la côte basque et plus le soleil brille. Nous faisons halte vers 12h30 sur l’aire d’autoroute d’Hastingue, la côte basque nous accueille sous le soleil, mais il fait froid et sec. Arrêt à la frontière pour provisions de vins, et apéritifs. C’est très calme et les courses sont vite faites.

Nous appréhendons les camions, car cette autoroute est particulièrement « fournie » en gros poids lourds, mais la neige étant tombée en abondance dans les Pyrénées, tout le monde a choisi la facilité. De nombreux camions ont été stoppés, de très longues files sur l’autoroute. Il était signalé à St Jean-de-Luz « frontière interdite aux camions »….çà commence bien.

Vers Renteria, le ciel est très gris et les flocons de neige font leur apparition…Les montagnes basques que nous devinons sont saupoudrées. J-Marie roule avec prudence, nous avons tout notre temps. Avant St Jean-de-Luz…le sommet de la Rhune enneigé nous donnait un avant-goût de la météo à venir, enfin, nous y sommes et nous verrons bien. Plus nous roulons et plus le temps devient maussade, couvert, entrecoupé d’averses de neige. Près de Bilbao les averses se font plus denses, sur la route encore rien, mais les champs sont bien blancs. Des chasses-neige très vaillants sont à l’affût et prêts à rentrer en action.

C’est super ce désert blanc, heureusement que pour l’instant la route est nette…mais pour combien de temps, prudence de rigueur. Pause vers 17 h à 70 km de Burgos…(pas de Tantina à voir ce soir…). Vaste plaine enneigée et vent glacial qui souffle la neige en rafales. Peu de temps après la pause café, nombreux bouchons et circulation stoppée. Dans l’autre sens çà circule il doit donc y avoir des problèmes de neige, accidents ???? Pour nous, pas d’affolement, nous sommes bien au chaud et nous attendons patiemment
que l’autoroute se libère. La tempête redouble, maintenant en plus des rafales de neige, le ciel est d’un gris très foncé ce qui ne laisse deviner rien de bon pour la suite de la soirée et de la nuit.

Par prudence, nous allons essayer de nous arrêter assez tôt, vu les conditions vraiment « dégueulasses » il sera plus sage de faire escale avant la nuit, il faut dire que vers 17 h 30 il fait très sombre et l’obscurité n’est pas loin.

Voici plus d’une heure que nous attendons sur deux files, la tempête de neige et le vent me font penser à Antartica…le cousin Marc serait content, cela me rappelle une certaine journée entre les Bouillouses et le Val de Galbe dans les Pyrénées Orientales où la tempête et le vent nous empêchait d’avancer sur nos skis.

Ici, dans notre C/car nous ne sommes pas à plaindre, nous avons le gîte et le couvert et sommes au chaud, que demander de plus !!! 20°C à l’intérieur, dehors 1°C. Nous conversons par gestes avec nos jeunes voisins espagnols qui sont dans une voiture juste à côté de nous… Nous rigolons, je leur fais signe que nous allons manger là et peut être dormir… sourires !!! il faut bien passer le temps. Je leur demande s’ils veulent boire ou manger… mais les espagnols mangent tard et ils ne sont pas pressés. Le bouchon n’a pas du tout l’air d’avancer. De nombreux camions sont bloqués et parfois quelques chauffeurs de voiture se risquent à gagner une place, mais en vain. Nous sommes sur la file de gauche et bien sagement nous restons là.

Les bourrasques de neige et le vent violent s’accélèrent, la neige fine s’envole, sur la file côté opposé, la circulation est fluide mais constante, pour nous c’est le STOP complet. La nuit tombe peu à peu et je pense que nous allons passer la nuit sur l’autoroute dans les bourrasques de neige. Inch Allah !

Pour nous, «  no problem », mais pas très rigolo pour ces automobilistes s’ils doivent coucher dans leur voiture. Pas de village très proche où il pourrait y avoir un repli, et puis, il faut traverser l’autoroute et revenir en sens inverse pour peut être trouver un village. Avec la nuit, pas facile. Par contre, il me semble qu’il y a une aire de stationnement pas trop loin, mais reste à avancer pour pouvoir traverser et emprunter l’autoroute dans l’autre sens. Les phares s’allument et c’est un ballet incessant dans l’autre sens…çà promet du bon temps. Comme il va faire nuit, eh bien nous allons commencer par souper, l’estomac plein, on verra  après ! Même si l’autoroute se dégage dans notre sens, il n’est pas prudent de rouler la nuit avec les rafales de vent et neige, donc, à table…

Chose curieuse, nulle présence de flic pour nous informer… sur ces longs bouchons, vu la route sans neige, pourquoi sommes nous bloqués ??? nous le serons peut-être demain, car je crains que ce soir nous passions la nuit où nous sommes.

Les gens sont très calmes et quelques curieux affrontent les rafales de neige pour voir ce qui se passe plus haut dans la file, mais reviennent bredouilles et réintègrent la chaleur de leur véhicule.
Nous avons arrêté depuis un long moment le moteur et avons mis le chauffage, moins de pollution, et chaleur assurée.
A la radio, les nouvelles météo venant de France ne sont guère encourageantes. Par contre sur la file opposée …çà roule toujours et de plus en plus. On se dit… ce sera ensuite à notre tour !! mais notre tour ne vient pas. Nous passons un SMS (message codé) aux amis campant à Agadir pour les informer de notre situation.

Nous partons pour le Maroc et c’est bien la première fois que nous voyons autant de neige, on se croirait partis au ski ou plutôt vers le ski « nautique ». Les heures passent, la nuit se fait de plus en plus noire, la « tortilla » de notre chère voisine Mathilde est la bienvenue et nous rempli l’estomac. Tout en dégustant la « tortilla con patates et oignons »…nous palabrons : « si les véhicules devant se décident à faire demi-tour et à emprunter l’autoroute dans l’autre sens, nous retournerons jusqu’à la prochaine aire ‘’ Merenda de Ebro’’ mais pour l’instant les chauffeurs restent bien au chaud et ne tentent rien. Des chauffeurs de camions commencent eux aussi à casser la croûte, nos voisins boivent un liquide chaud conservé dans un thermo…on s’occupe comme on peut.

Tiens, tiens…on dirait que devant nos chauffeurs commencent à faire ronfler leur moteur …. Se décideraient-ils enfin à avancer afin de pouvoir prendre la file en sens inverse…hélas, ils avancent un peu mais il nous reste encore quelques mètres afin de pouvoir traverser sur l’autre file. Certains chauffeurs emmitouflés s’agitent….mais pour un besoin bien naturel….attention çà gèle !!
Puis, à force de temps et de patience, un chauffeur en tête se hasarde à enlever la chaîne qui sépare notre file de la file opposée… enfin, ils ont compris que c’est la seule solution à l’embouteillage. La chaîne est vite enlevée et nous profitons d’une accalmie sur l’autre voie pour se faufiler à la suite des voitures et faire demi-tour. Ouf !! sauvés La sortie pour Mérenda est toute proche. Nous payons l’autoroute et nous garons juste à côté du poste de péage, pour l’instant il n’y a pas trop de véhicules, mais cela pourrait venir.

Nuit agitée, évidemment un camion venu se garer près de nous fait tourner son moteur toute la nuit, il ne doit pas avoir de chauffage comme nous, pauvre homme…tant pis pour le bruit.

A 8 h, ce samedi nous sommes debout, ni neige, ni verglas sur la route, avant de reprendre l’autoroute nous avons quelques informations par le gars du péage qui nous rassure sur l’état de l’autoroute. En route. Le temps est gris ce matin, mais çà roule bien pour l’instant. De nombreux camions circulent ce matin, stressant pour le chauffeur.

Nous pensons que la cause du bouchon d’hier soir,c’est une légère montée, certainement un peu de verglas, un chasse neige s’est renversé en contrebas , une voiture lui tient compagnie, il était donc sage d’avoir pris la décision de faire demi tour et dormir à Merenda.

Les camions, parlons en, c’est vraiment une des plaies de notre siècle…à quand le ferroutage ???? Au col de Susmierra, le ciel gris fait place à du beau ciel bleu et il fait bon. Nous enlevons nos polaires  avec grand plaisir… Maintenant on commence à se sentir en vacances. Après Madrid,grand beau temps avec toutefois un petit vent du nord très « frisquet ». Nous sommes loin des tempêtes de neige et vent d’hier soir. Ouf ! çà sent bon l’Espagne !

L’étape de ce soir, près de Bailen,, le décor est superbe, grandiose. A la sortie du village de Noalejo un belvédère de choix pour la nuit. Je demande, toutefois l’autorisation à un homme qui a une grange près de là. Pas de problèmes nous pouvons passer la nuit. C’est splendide. Sous un ciel encore bleuté dont les couleurs du crépuscule se laissent deviner, d’immenses collines avec des champs d’oliviers s’étendent à perte de vue, en toile de fond la Sierra Nevada très enneigée… c’est de toute beauté !

Bonne nuit au calme. Nous serons au calme cette fois, sans camion. Pour commencer un bon apéro, le chauffeur l’a bien mérité, étape de 600 km. Le lendemain, de petits manteaux de neige sont venus recouvrir les pieds des oliviers telles des couvertures blanches au pied des racines, contraste étonnant de cette blancheur avec la terre colorée.

 

Dimanche :

vers 9 h, J-Marie profite d’une belle lumière pour immortaliser ces champs d’oliviers, le ciel est bleu , le soleil pointant son nez à l’est nous annonce une bonne journée en perspective. Bonnes  autovia espagnoles, autoroutes non payantes, sauf la première partie jusqu’à Merenda. Parfois il y a quelques parties un peu dégradées, mais c’est rapide et gratis.

Après avoir passé Malaga, Marbella, Estepona (très construits), on ne voit pratiquement pas la mer, nous passons vite sans faire une halte. Trop de circulation, trop de monde. Nous optons pour la traversée au départ de Tarifa conseillée par nos amis, c’est très court, et surtout plus calme qu’au départ d’Algésiras. Nous trouvons une place pour nous garer très près de la plage, prenons les billets pour le ferry prévu à 18 h. Nous sommes garés sur un mini parking dominant l’immense plage près du port. Nous mangeons vers 13 h 30, face à l’océan et face à la côte marocaine très proche.

Nous avons comme voisins quelques camping-cars (immatriculations de chez nous : 81, 12, 11). Après le repas, sieste et promenade sur la plage vers le fort. Petit bain de pieds, l’eau n’est pas trop fraîche en ce début février, il faut dire que nous sommes bien au Sud de l’Espagne. Nous assistons à des figures de Kite-surf…surf avec une voile ce qui est assez spectaculaire, ce coin est réputé pour le vent ? donc windsurf et planches à voile font le bonheur des jeunes sportifs .