Vendredi :

Ciel bleu et soleil, un peu de fraîcheur le matin, mais il fait très beau. La vie au camping se déroule au ralenti. J-Marie appelle notre guide de notre expé en 98 Mohammed pour une éventuelle balade dans le Siroua mais fin mars c’est un peu trop tôt pour le Siroua , il doit nous rappeler.

Ce matin, petite promenade dans le camping, lecture. Quant à moi j’écris quelques notes. Ce soir nous irons voir un spectacle « chansons de Piaf ». Nous avons loué une voiture pour nous rendre demain à la réserve de Massa à une centaine de km au sud d’Agadir. Donc ce soir profitons de la voiture de location pour nous rendre au concert. La soirée extra, la chanteuse ne nous a pas déçue, quelle voix et quel plaisir d’entendre les chansons de Piaf ici à Agadir dans une ambiance chaleureuse.

A la radio des bruits de guerre en Iran se font de plus en plus pressants. Il est vrai qu’ici sous le soleil d’Agadir le dépaysement nous fait oublier les mauvaises nouvelles.

 

Samedi,

départ de bonne heure avec la voiture de location, nous sommes avec nos amis et J-Marie étant le plus jeune, J-Claude lui passe le volant. La route est tranquille. Le Parc naturel de Massa n’est pas trop fréquenté et nous en sommes ravis. Nous longeons sur une bon chemin un bras de cours d’eau se jetant dans l’océan : aux jumelles nous observons flamants, cormorans, spatules, grandes aigrettes , bécasses blanches. Nous marchons pendant 4 h, belle balade plus fatigante en fin de parcours car la marche s’effectue dans le sable. Retour vers midi et demi. Nous nous arrêtons dans un resto au bord de la route près d’une station : tagine et thé.

Puisque nous devons rendre la voiture ce soir vers 19 h, nous avons le temps d’aller voir un des barrages conseillé par une voisine du camping. On voit qu’il y a de l’eau car c’est vert, le décor est beau avec de belles roches, du relief et de la verdure. Nous prenons une autre route pour le retour, passons à Tiznit qui a l’air d’une très belle petite ville entourée de remparts. Au retour, nous nous arrêtons faire quelques achats de légumes, oranges, pain. Nous sommes à Agadir à 18 h 30, avant la nuit. Excellente journée.

Grasse matinée en ce dimanche jusqu’à 9 h 15. Bonnes nouvelles de papi que nous appelons vers midi, c’est rassurant d’entendre sa voix qui nous semble fort proche, j’ai même le plaisir d’entendre mon petit Pierrot, ce frère si dévoué auprès de Papa. Pierrot doit partir quelques jours avec Vivi faire un peu de ski vers la Llagone. Il est vrai que cette année en France il a beaucoup neigé et les stations font le plein pour les vacances de février.

Après le repas, nous partons faire un tour à la plage, il fait du vent, mais je tente une petite trempette totale dans l’atlantique le 9 février, c’est une première ! Nous ne nous attardons pas à la plage. Nous rentrons au camping.

Nous avons le temps de faire une balade, nous allons donc partir à pied au souk, où nous trouvons une petite table en plastique qui va servir de « desserte » à
J-Marie pour s’attaquer à la peinture, nous avons marché 2 h, c’est une bonne journée .

Une nouvelle semaine commence, le temps s’écoule doucement et on profite au maximum de ce climat si clément. Je vais partir en vélo comme tous les matins. Aujourd’hui banque et marché. C’est un grand plaisir de partir le matin, il fait beau, il y a toujours ciel bleu et soleil. Après avoir fait la provision de dirhams…je pars en direction du marché central, sorte de halles, où l’on trouve : fleurs, légumes, fruits, viande, poisson et au premier étage mini-souk avec épices, échoppe de tailleur, souvenirs qui va du tee-shirt au tam-tam en passant par les babouches et djellabahs…. Je laisse le vélo à l’entrée sous l’œil vigilant d’un gardien handicapé qui me voit arriver chaque jour avec plaisir, il sait qu’il aura quelques dirhams. Il faut bien que ces gens travaillent et pour lui qui ne peut pas faire grand chose vu son handicap, il se rend utile.

Les marchands de fleurs, des hommes, confectionnent de superbes compositions florales, j’ai droit très souvent à une rose. J’achète de très belles renoncules roses qui vont se conserver plus d’une semaine dans de la mousse que je trouve à l’épicerie tout en haut du marché central. On trouve tout, il suffit de demander. Je vais faire faire quelques travaux de couture aux tailleurs qui sont ravis et moi aussi de leur travail.

La fête de l’Aït approche, il faut faire des provisions car tous les commerces seront fermées près d’une semaine, donc je fais la provision de légumes et fruits, le poissonnier passant au camping j’ai fait le plein de poisson. Ici notre menu est un mélange de légumes, poisson, fruits qui nous convient fort bien.

A midi nous invitons les Anglade chez Mimi la Brochette, resto situé sur la promenade bordant la plage. Excellentes brochettes d’agneau. Nous y reviendrons.

J-Marie s’est attaqué à la peinture, il a amené 4 toiles en prévision, il a le temps et cela lui permet de reprendre la peinture après de longues années d’interruption pour un autre violon d’Ingres : le diaporama qui lui prend de longs moments. Il s’attaque à un paysage de montagne. Quant à moi je pars sous le auvent de Raymonde pour une partie de scrabble en dupliquer qui va nous prendre l’après midi.

Le soir il fait frais et pull et pantalon long sont les bienvenus. Nous mangeons le soir dans le C/c.
Nous nous habituons au bruit de l’avenue qui nous berce la nuit.

 

Ce mardi lever vers 8 h. J-Marie se remet au travail après un bon petit déjeuner sous le auvent. Il s’installe entre le c/car et le mur nous séparant de l’avenue, il est mi-ombre mi- soleil. Je pars à pied vers le marché central, avec sac à dos. J’ai acheté du fenouil, donc au menu : merlan grillé au barbecue accompagné de fenouil, fraises à la chantilly…délicieux. L’après midi nous tentons un petit tour à la plage, mais nous rentrons vers 15 h 30 car le vent est frais. Nous rentrons au camping où j-Marie va continuer son tableau pyrénéen. A 17 h 30 nous irons voir le coucher de soleil sur la colline où était bâtie l’ancienne Agadir détruite par un violent tremblement de terre le 27 février 1960 (15000 morts).

Du haut de ce promontoire où il reste quelques remparts, nous avons un superbe point de vue sur la ville, le port. L’éclairage au coucher du soleil est superbe et la montée des plus belles, dans de petits chemins très escarpés parmi une végétation d’euphorbes, d’herbes sèches parsemées parfois de petits buissons.

Mercredi grande fête de l’Aït-Kebir : A 7 h 45, nous nous tassons dans la mercédès de Pierre un papi de 84 printemps, nous sommes à 7. Notre chauffeur J-Claude a qui Pierre a cédé le volant (c’est plus prudent), à côté de lui un ami à Pierre, un polonais et son chien. Derrière eux viennent, J-Marie, Pierre et sa femme et leur chien. Derrière dans le coffre où nous avons eu de la peine à nous engouffrer : Raymonde et moi. Nous n’arrêtons pas de rire avec Raymonde, tant le chien de Pierre nous fais la fête et nous courtise à coups de langue. Nous en pleurons de rire, je crois qu’il y a longtemps que je n’ai vu une telle expédition , véritable caravane « pacouli », à mourir de rire.

Enfin, après les péripéties du « chargement », J-Claude nous conduit par les nombreux lacets tout en haut de la colline où nous étions hier soir. Paraît-il que d’ici on voit mieux les musulmans en prière sur la grande esplanade en contrebas.

Nous sommes bien trop loin pour voir les fidèles, mais peut-être aussi sont-ils moins nombreux ?!! Il nous semble que de plus bas nous aurions eu un meilleur point de vue, tant pis pour les photos, mais nous ne regrettons pas cette « balade fou-rire » car bien longtemps elle restera gravée dans ma mémoire. Heureusement J-Claude a pris le volant, car nous apprenons dans l’après midi que Pierre n’y voit que d’un œil. Faut être courageux de venir des P.Orientales avec une longue caravane, en n’y voyant que d’un œil, et cela à plus de 80 printemps…ce sont eux aussi des fervents et fidèles campeurs d’Agadir. Eux, comme leur ami polonais vivant en France , viennent ici depuis près de 20 ans passer 6 mois. Il est vrai que l’hiver sous le soleil d’Agadir c’est très tentant !!! Sacré Pierre, sacré Mercédès qui elle aussi a pris de la bouteille…mais qui toujours les conduit au soleil. Quel bon souvenir !

Comme la visite à la citadelle a été rapide, nous avons projeté de partir en vélo (la route sera libre, vu la fête) sur la route de Taghassout. Avons prévu un petit casse-croûte, nous échangeons la Mercédès pour les VTT et en route. Il fait bon rouler sans circulation ou presque…il fait frais mais je pense qu’en fin de matinée çà va chauffer. Peu après le camping, la route grimpe un peu et nous surplombons le port, la route est bonne, petite descente et montée légère. Nous allons passer devant un camping sauvage, il y a de très nombreux c/cars dans une anarchie totale, vu de la route. Il y a paraît-il un ravitaillement d’eau effectué par une citerne. Non loin de là encore des camping-cars, il faut dire qu’ils n’ont pas le bruit de la circulation d’Agadir. Ils sont tous situés sur une prairie falaise surplombant l’océan, le panorama est très beau, mais loin de la ville. Camping de Taghassout, ici encore de nombreux c/cars. Il paraît qu’il serait rentré au Maroc 5000 c/cars pour l’hiver !!!

Il est vrai qu’à Agadir, ville très moderne, riche, qui n’a rien à voir avec le Maroc des campagnes, il y a tout ce que des retraités peuvent souhaiter : approvisionnements divers, commerces, salons de coiffure, boutiques et surtout au point de vue médical… chirurgical….tout y est parfait…il y en a même qui viennent se faire refaire « la devanture d’émail » pour une qualité et prix défiant toute concurrence. Et comme le disent les Marocains eux-mêmes : AGADIR, RIEN A DIR’. A Agadir les retraités se sentent en sécurité et du point de vue santé et « logistique alimentaire ». Si j’avais à décrire Agadir : je dirai que c’est une petite ville européenne sous un ciel du Magrehb. Ceci était une parenthèse sur un des points attachant et rassurant d’Agadir, mais il ne faut pas chercher ici le dépaysement d’autres coins du Maroc.
Nous pédalons toujours, après Taghassout, la route est bonne : montées, descentes dans un paysage superbe longeant l’océan. Traversons la région des bananeraies… petite oasis de bananiers et des vendeurs le long de la route dans le village. Plus loin nous passons près d’un palais et surtout d’un immense parc appartenant à un émir d’un pays du Golfe.
C’est superbe, les pelouses sont arrosées et sont d’un vert éclatant que seul vient éclairer les couleurs mauves des ficoïdes tapissant le sol à certains endroits. Même ficoïdes que nous a donné mon cher petit frère Pierrot, mais ici ils sont 3 fois plus gros. Le palais est protégé par un haut mur d’enceinte, et évidemment tout cela avec vue imprenable sur l’océan, ici pas de promiscuité, l’émir et sa suite peuvent se balader à l’aise.

Nous continuons encore, la faim ne se fait pas trop sentir et nous voulons arriver à une petite avancée rocheuse surplombant l’océan où s’ébattent des surfeurs. Nous voilà arrivés au but, de nombreuses voitures de surfeurs (33/40/64) tiens, tiens nous sommes entre voisins !!

Nous sommes bien installés face à l’océan et aux surfeurs qui ondulent sur la crête des vagues. Le spectacle est beau, le ciel est bleu, le casse-croûte agréable, que demander de plus !!?? c’est le bonheur. Petite sieste à l’ombre d’un petit chêne vert bercé par le bruit de l’océan et vers 15 h retour vers Agadir et le camping. Bilan de la rando cycliste : 45 km 500 au compteur de Raymonde. Pas mal. Raymonde a un peu mal au genou, mais la petite troupe rentre ravie au camping.

Petite douche bienfaisante, J-Marie a repris ses pinceaux et je me relaxe en lisant avant d’écrire. Vers 18 h nous allons faire le paséo. Aujourd’hui étant jour de « l’Aït », jour férié, les hommes, femmes enfants tous « endimanchés » font la promenade tout au long de la plage. Cela est intéressant d’admirer les hommes vêtus de djellabah d’un blanc immaculé, les enfants et femmes ont aussi des tenues nouvelles. C’est un peu comme nous, autrefois, nous avions des vêtements neufs pour Pâques….. Nous nous asseyons avec Raymonde sur un banc pour mieux jouir du spectacle le temps que les hommes photographient. Un Marocain très classe prend place avec son petit fils sur le banc. Le grand-père est superbe dans sa djellabah blanche, il est coiffé d’un petit calot blanc brodé. Quant au petit-fils même tenue et superbes babouches blanches pour les deux.

Le grand-père parlant un excellent français, nous faisons un brin de causette. Raymonde me dit qu’il y a moins de monde qu’il y a 3 ans .Le spectacle est tout de même intéressant et il faut observer les va-et-vient de cette foule endimanchée. Les enfants jouent sur la promenade…les tenues blanches auront pris un peu de couleur ce soir….mais ici il y a encore de la lessive « Tide » donc pas de problème…avec Tide la blancheur reviendra.