Dimanche 3

Avant le petit déjeuner, nous montons sur la terrasse profiter de la belle vue sur la cordillière blanche. D’après la carte qui est dans l’entrée nous essayons de localiser les sommets qui se dégagent peu à peu.

Nous prenons un minibus et notre guide nous propose de nous conduire dans un petit village.Une visite chez le Chaman du coin pour soigner le psoriasis de Marius avec une drogue dont il le badigeonne. Pour Janine, un peu de tisane et la troupe est protégée pour le séjour. Nous remercions le chaman, et visitons le village où nous assistons à un défilé d’enfants portant le drapeau. Petit village tranquille de 4000 habitants environ avec sa petite place, son église. Nous allons boire un maté de coca très bon pour l’altitude.

Maintenant direction Chavin, site archéologique situé à 115 km de Huaraz, mais le Guide tenait à nous faire faire une halte dans ce petit village fort typique. C’est un guide européen qui vit ici depuis plus de 20 ans ce qui explique qu’il est très à l’aise avec le Chaman et les habitants du village où il est connu et apprécier.

Le site de Chavin est impressionnant, vieux de plus de 2500 ans, il fut un centre de pèlerinage où les peuples venus parfois de très loin apportaient des offrandes pour consulter le prestigieux Oracle du Temple.

Chavin de Huantar fut la capitale d’une société hautement hiérarchisée, dotée de connaissances technologiques développées en matières hydrauliques et agricoles. Le guide est tellement intéressant et connaît tellement de choses sur ce site qu’il nous montre des détails, ici et là…nous sommes tellement captivés par ses paroles…qu’il est près de 16 h lorsque nous partons manger !! C’est rare que des guides soient aussi passionnants…mais çà existe.

Repas dans un petit resto du village touristique, assez calme, mais c’est dimanche et dans la rue, les sons d’une fanfare. Vite nous ressortons pour voir le défilé précédé de la fanfare chaque dimanche, c’est la tradition. Nous nous réinstallons à table, très bon repas typique.

Nous regagnons le minibus, dans les ruelles…certains hommes ont besoin de « tuteurs », ils ont dû forcer sur la « chicha » (boisson faite de maïs fermenté, faible teneur en alcool), mais lorsqu’on abuse…çà fait tourner la tête et le bonhomme qui titube dans la ruelle a besoin de soutien.

Nous revenons à Huaraz à la nuit et repartons manger au même resto qu’hier soir, logistique toujours parfaite. Nous remercions le guide de cette superbe journée et surtout de cette visite de Chavin. Demain nous avons un autre guide pour le tour de la Cordillière Blanche.

 

Lundi 4

Départ fixé à 7 h 30. Tout le monde est prêt, le guide arrive. Mourad à l’allure fière, chapeau marron, il ne parle pas trop…mais dans le mini bus…il me dit qu’il est mal fichu, tête…rhume…vite Dolipranne…
La route au bout d’un moment se transforme en piste, mais assez carrossable. Le mini bus roule prudemment car il y a des trous et surtout beaucoup de virages. Il est vrai que nous devons passer un col à 4850 mètres, c’est dur.

Le paysage est superbe, véritable patchwork que dessinent de petits lopins de terre aux couleurs variés, villages haut perchés. Sur la piste, va et vient des paysans allant aux champs, les tenues des femmes sont colorées, hommes et femmes portent ici le chapeau. Les femmes ont de nombreux jupons superposés ce qui leur donne une allure « dodelinante », c’est amusant. Parfois quelques bambins se raccrochent aux jupons colorés. Dans les couvertures qu’elles tiennent attachées autour de leur cou, parfois surgit une petite tête coiffée d’un bonnet coloré. Les hommes portant la charrue en bois sur leurs épaules suivent ou précèdent les femmes. Tout le monde part aux champs. Scènes champêtres d’un autre siècle.

Le guide nous explique la végétation qui se superpose au fur et à mesure que nous montons. Entre 3500 et 4000 m se situe une région de transition entre la froide puna et les zones chaudes. Là encore on rencontre une grande activité agricole. Impressionnantes cultures en terrasses où poussent la pomme de terre et autres tubercules, comme le yuca, céréales typiquement andines comme la quinoa et autres graminées de haute valeur énergétique et nutritive, (ils en ont bien besoin à cette altitude).
Au-delà de 4000 m le ichu, herbe rase très prisée par les lamas, alpagas, vigognes, guanacos. Le Polyépis seul arbre encore présent à cette altitude. Un peu plus bas, de nombreuses forêts d’eucalyptus.

Plus nous montons, plus nous sommes dans le brouillard, il neige, et sur la route…il y a des traces de neige. Je pense qu’en haut du col…il risque d’y en avoir sur la route, mais je suis confiante dans le chauffeur et nullement angoissée par la route. Je suis bien, et me laisse conduire dans la béatitude. Pour l’altitude çà va. Pause pipi avant de continuer vers le col. Eh bien, nous sommes à près de
4000 mètres et il ne faudrait pas faire un footing…on « soufflerait fort ».

Quelques sommets apparaissent entre deux nappes de brouillard…mais il faut faire vite pour les photographes. Nous remontons dans le car… encore 800 mètres.

Nous allons passer à la Punta Olimpica à 4890 m, l’une des pistes les plus hautes du Pérou. C’est fabuleux de penser qu’il y a des skieurs qui peuvent skier à une telle altitude….faut être costaud.