Un homme mince, visage très fin éclairé par un beau regard bleu, portant chapka en fourrure noire tient un papier « Nouvelles Frontières » avec
BEZIADE…..c’est bien nous. Présentations, il nous tend la main c’est Igor, notre hôte. Il nous dit que son gendre va nous conduire en voiture chez lui et que lui partira en bus et nous rejoindra là-bas. Il parle très bien le français, par contre son gendre lui « niet françouse ».

Nous montons dans la voiture confortable du gendre, nos bagages dans le coffre et en route, de nuit vers le domicile de nos hôtes.

L’appartement est situé à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport. Nous arrivons en même temps qu’Igor. Il y a de la neige à St Petersbourg, mais les routes sont dégagées. Le parking est enneigé. L’immeuble est très « Stalinien » pas de fioritures…strict.

Une porte en fer avec code, une seconde porte et nous rentrons dans un hall avec escalier en pierre, il y a longtemps que les peintres n’ont pas dû passer.

Il règne une drôle d’odeur, des fils pendent le long des murs fort défraîchis et dont les toiles d’araignées ont élu leur royaume. Des tuyaux en fort mauvais état à la peinture écaillée, il y aurait de quoi faire ici.

Nous arrivons au 3ème étage.Une première porte s’ouvre, petit sas d’entrée, et une deuxième porte donnant sur un couloir nous conduit dans un tout autre monde.

La chaleur de l’appartement nous surprend, il doit faire près de 24°C. Igor nous présente son épouse, sa fille et son petit-fils « Igor 2 ». Sa fille attend un bébé, un autre garçon prévu pour le 15 février. On nous montre les chambres. Les frangins ont des lits jumeaux, chambre avec TV. Quant à nous, nous avons la chambre à côté avec un canapé-lit, le lit est fait, l’armoire vidée, une table, deux chaises. Nous nous sentons bien.
On nous montre, toilettes et salle de bains. Dans la salle à manger la table est mise et nous aurons droit à une heure tardive, il est 22 h 35), au thé avec petits biscuits, pain d’épices ronds fourrés à la confiture, délicieux. Nous donnons les cadeaux.

Pour demain dimanche, comme rien n’est prévu, il nous propose de visiter les alentours de St Petersbourg : POUCHKINE jadis appelé « Tsarskoie selo  « (bourg des tsars). Nous sommes d’accord. Il va avertir notre guide. Pour le rendez-vous, il nous indique les bus que nous pourrons prendre pour rejoindre notre guide. Le rendez-vous devant une église sur l’avenue NEVSKY, très facile pour se repérer. N’ayant pas un rouble en poche, Igor nous fait l’avance de 6000 roubles que nous lui rembourserons lundi.

 

Dimanche 30 Janvier

La nuit a été bonne. Lever à 8 h, un petit déjeuner fort copieux nous attend. La table est mise, thé, nescafé, plusieurs sortes de pains fait maison (genre pain de mie) confitures maison faites par Igor, ce matin nous avons le choix entre celle d’abricots, prunes, et framboises. Elles sont délicieuses et sont faites au micro-ondes, évidemment par petites quantités, c’est vite fait et les fruits ne perdent pas leurs vitamines. Il en a fait 300 kg. Yaourts aux fruits également au menu du petit déjeuner. Le pain étant « consistant », je crois que nous pourrons tenir le coup. Quelques viennoiseries maison complètent la table.

Vers 9 h 15 nous quittons notre « gîte », prenons le bus 22 et partons à la découverte de la capitale de l’Empire russe pendant plus de deux siècles. La ville doit son nom à St Pierre. Coïncidence car c’est le premier grand voyage de notre cher frère Pierre…quel bonheur et quel honneur tonton Pierrot…tu nous avais caché que tu avais des assises chez les Tsars !!

Déjà à nos yeux, c’est l’émerveillement de cette ville magique, irréelle, fastueuse, traversée par la Neva gelée et enneigée, cette Venise du Nord avec ces innombrables palais aux couleurs acidulées ne nous déçoit pas. Nous avions eu un aperçu lors de l’émission des « Racines et des Ailes », mais là c’est l’éblouissement. Cette ville née de la volonté du tsar Pierre I en 1703 a été fondée sur des marécages insalubres du delta de la Néva.

Notre guide Dimitri est au rendez-vous, pour aujourd’hui il nous propose les extérieurs de St Petersbourg. Fort sympa, brun, l’œil malicieux, portant barbe, il a environ la quarantaine et parle un français sans accent, il va nous conter l’histoire des palais d’été. Nous sommes avec un couple français, la soixantaine bien tassée, hébergés chez une vieille dame infirme ne parlant pas un mot de français. De plus cette dame loge dans une banlieue un peu mal famée donc difficile pour les moyens de transports à prendre avant d’être au cœur de la ville. Par contre ils sont enchantés de Dimitri qu’ils ont depuis près d’une semaine, ils repartent mardi et profitent eux aussi au maximum.

Ils sont de Rouen, et n’aimant pas la formule des voyages organisés, ils ont choisi eux aussi la formule en demi-pension chez l’habitant. Mais maintenant ayant l’adresse de Dimitri…ils n’auront pas de problèmes de communication lorsqu’ils reviendront, car je pense que cette ville vaut plusieurs séjours. Ils sont très sympas et sont contents de parler avec nous, et moi contente de trouver une « consoeur ».

Tout d’abord nous prenons métro, heureusement que nous sommes avec Dimitri…difficile de distinguer « les stations », puis c’est autour minibus ce qui nous permet de mieux voir le paysage superbe et de côtoyer les gens. Je remarque au premier rang une « mamoutcha » et son petit-fils, elle lui donne une friandise, et une petite pièce, l’enfant sourit, nos regards se croisent et se comprennent. Pas besoin de connaître le Russe…avec cette grand’mère, son sourire et son regard, le courant est passé…

Nous arrivons à Pouchkine petite ville qui somnole dans le souvenir de ses splendeurs passées. Nous traversons la forêt enneigée, la neige crisse sous nos chaussures, c’est féerique. Les jeunes font de la luge sur des chambres de pneus protégés par une enveloppe circulaire faite dans une toile plastifiée très costaud.

D’autres marchent sur les canaux enneigés, c’est un véritable tableau de Bruegel. Les adultes se lancent sur des petites pentes avec leurs skis de fond d’une autre génération. Ambiance sympa, c’est dimanche et parents et enfants se retrouvent goûtant les plaisirs de la neige.

Près du Palais de Catherine, la troïka est prête, les chevaux attendent patiemment les promeneurs, couvertures dans le traîneau, tout est prêt pour le voyageur. C’est magnifique. Pour nous tous, la Russie et surtout St Petersbourg nous voulions la voir avec la neige, ce rêve se réalise.

Nous abandonnons la forêt pour nous engouffrer dans le Palais surchauffé. Nous laissons vestiaire à l’entrée, ici, nous dit Dimitri, partout dans les Musées, théâtres, tout le vestiaire est laissé ainsi que les sacs, pas de sacs à dos.Les appareils photo, dans certains musées sont tolérés, parfois il faut payer une taxe.