Samedi :

Départ de Marseille. Nous avons laissé le C/car chez tonton Bernard, et Fredou nous conduit à l'aéroport . Il fait très beau, mais frais. Au Comptoir d'Air Algérie, nous reconnaissons de suite, les routards qui ont la même destination que nous, ont revêtu leur tenue de "baroudeurs", nous en remarquons un surtout qui se distingue par son superbe chapeau. Sera-t-il dans notre groupe... ??? 2 couples nous abordent et nous demandent si nous partons avec le Point. Eux partent également avec la même agence, mais font un circuit différent. Arrivent une jeune dame accompagnée d'une grand mère ...!! la grand-mère fait -elle partie du voyage??? certainement pas, pourtant elle arbore un pantalon de baroudeuse, et une polaire marine. Je pense qu'elle est de la "fête".

La jeune dame nous accoste, Marie-Claire, et sa Maman, elles partent pour la même rando découverte en 4 x 4 dans le Tassili du Hoggar. Les présentations nous informe que pour la rando 4 x 4 nous sommes 7, donc, faisons nos comptes : elles deux, nous 3 (avec Tonton), donc il en reste deux. J'aimerai bien que l'homme au chapeau et son collègue fasse partie de notre club, ils ont l'air fort sympas. Eh bien oui ! nous allons vers eux et ils nous confirment bien qu'ils font bien la même rando.

Super, je pense que nous serons une bonne équipe, et 7, c'est un groupe suffisant pour déguster le désert sans trop se sentir oppressés par un groupe trop important.
Nous attendons le départ avec impatience, et nous en profitons pour faire plus ample connaissance. La maman de Marie-Claire porte bien ses 80 printemps, et rêve de revenir sur la Terre Natale : l'Algérie, plus profond en elle, le désir de monter à L'Assekrem, ermitage du Père Charles de Foucauld.
Marie-Claire et sa maman ayant fait en l'an 2000 la découverte du désert mauritanien, ont été attirés par ce premier voyage sur leur terre natale, avec, de plus un programme intéressant les 2 : L'Assekrem et la découverte du Tassili du Hoggar. Les voilà inscrites et maintenant...çà y le départ approche.

Quant à nos deux Collègues André 75 ans, notre Amiral, ancien de la Marine est un passionné de 4 x 4 et de désert, lui aussi a fait le désert lybien, et le raid Saganne en Mauritanie en 2000. Quant à Sauveur, la soixantaine, lui aussi a rêvé,de désert en feuilletant revues, pauvre homme il a eu des ennuis de santé , diverses opérations qui lui ont laissé le long de la colonne vertébrale deux tiges, ainsi qu'à un bras... Il est blindé Sauveur, mais prévoyant des sifflements intempestifs aux nombeux passages de contrôle aux rayons X, il s'est munie de photocopies des radios. Eh oui, messieurs les contrôleurs, je suis blindé, mais rassurez-vous je n'ai pas d'arme et ne vais pas faire sauter l'avion.

Par contre, ce que n'avait pas prévu ce brave Sauveur, c'était ses jumelles (entendons-nous bien) ses jumelles de vue. Eh bien, confisquées, elles lui seront envoyées à l'adresse indiquée en France, les jumelles ne sont pas autorisées. Pourtant, moi, j' avais les mêmes, mais dans le bagage qui part en soute. Enfin, délires de l'administration, on connait çà, même chez nous. D'où petit contre-temps avant d'avoir rempli les divers formulaires. Pour les couteaux c'est pareil, confisqués, ils leurs seront rendus à Tamanrasset. Sauveur n'est pas le seul, deux autres personnes sont dans le même cas.

Avis aux futurs voyageurs : Mieux vaut ne pas garder sur soi, couteaux, jumelles et les mettre dans les bagages de soute, ceci évite petits tracas et retards qui s'en suivent.

Enfin tout le monde est dans la salle d'embarquement et l'hôtesse nous indique le bus qui nous conduit à l'avion. Contre ordre au programme, nous ferons escale à Alger, ce qui n'était pa dû tout prévu au départ et qui nous avait incité à faire ce voyage. Ne transitant pas par Alger, il n'y avait aucun problème de fanatique. Tant pis, faisons confiance Inch Allah. L'avion met les gaz et se met sur la piste d'envol, . Tous les moteurs vrombrissent à fond, et c'est le décollage, ouf... çà y est depuis le temps que nous rêvions de ce voyage. Avec plus d'une heure de retard enfin nous survolons l'étang de Berre et nous voici très vite sur la grande bleue. La prochaine terre sera l'Algérie. Merci au ciel d'avoir pu concrétiser ce rêve.

La pluie nous accueille à l'escale d'Alger. Le personnel de l'aéroport nous surveille "avec une très grande sollicitude", "bienvenus aux français."!!..Il est vrai qu'il y a quelques années les touristes boudent l'Algérie. Nous devons identifier nos bagages qui font un tour de manège sur le tourniquet, ils sont mis de côté et vont être portés près de l'avion à destination de Tam. Nous sortons de l'aéroport sous bonne escorte. Quel peuple, quelle cohue..les gens s'agitent, mais nous passons en file indienne jusqu'à la sortie qui nous conduit sur la piste. Ici pas de bus, notre avion nous attends, mais nos bagages sont posés à même le sol, à nous de les reconnaître et de les déposer sur un chariot afin qu'ils soient convoyer dans les soutes de l'avion de Tam. Le groupe est rassuré, nos bagages sont tous là.

Nous entrons dans l'avion de Tam où nous attendent depuis près de 2 h des passagers algériens, maliens, africains...Notre entrée fait retourner les têtes, mais pas de protestations, nous saluons et avons le sourire.Depuis deux heures braves gens, ils devaient s'impatienter. Eh bien, en France les passagers auraient "tempester", ici, ils somnolent, et n'ont pas l'air affolés. Eh oui, ici nous avons changé de Continent et de mentalité,les gens sont plus patients. Nous sommes en Afrique et ils nous donnent une sacré leçon de patience, de tolérance. C'est sûr que l'avion ne pouvait pas décoller avec 40 personnes en moins, et puis, nous, pauvres touristes, n'étions pas cause des délires administratifs, mais tout de même nous décollons pour Tam. L'hôtesse nous annonce qu'il fait 25°C à Tamanrasset et qu'il y a du soleil. Nous atteindrons en 2 h Tam, donc arrivée prévue vers 18 H 35. Superbe, car je pense que l'approche du désert au crépuscule doit être un spectacle à ne pas râter.

En effet, le survol du désert à ces heures de fin d'après midi est superbe. Les couleurs sont chaudes, les dunes entrecoupées de long rubans de "gaze" bleutée nous font rêver. C'est un univers inconnu, magique vu du ciel. Au décollage à Alger nous survolions de véritables "barbes à papa" toutes vaporeuses de blancheur, regroupées en bataillons superbes. Parfois aussi, une barbe était surmontée d'un cône de chantilly... et puis c'était autour de paquets de ouate si blanche que nos yeux éblouis avaient de la peine à fixer. Et puis la blancheur cède la place aux ocres, pourpres et bleutés du désert.

Arrivée à Tam à l'heure prévue, 18 h 35. Il fait nuit, mais à l'ouest le rougeoiement du soleil déclinant donne aux reliefs environnants Tam un aspect mystérieux et déjà envoûtant. C'est superbe. Il fait 20°C. Pas de formalités, aussi la sortie est très rapide. Les 4 x 4 et mini bus nous attendent. Bagages et passagers prennent place et en route vers la ville de Tamanrasset.

Les véhicules nous conduisent à un camping situé à la sortie de la ville. Paillottes rondes,en dur, chapeautés de toitures en branches de palmiers tressées et de bambou, une petite merveille. Le camping est entouré de murs hauts, qui nous protègent de la poussière et des regards des voisins.

Il y a l'électricité dans chaque bungalow. Sur le sol cimenté, un grand tapis de feutre où sont déposés, 2 ou 3 matelas suivant les bungalows. Nous prenons un bungalow à 3 matelas, et y déposons nos bagages. Un petit hublot, tout rond, nous permet d'avoir la lumière.Vers 20 h, les véhicules nous ramènent dans Tam pour nous restaurer. Nous avons mangé déjà dans l'avion...mais enfin nous verrons bien. La nuit nous ne pouvons pas trop voir le décor, mais tout à l'air bien propre. Le repas est trop copieux dommage nous laissons des restes. Nous regagnons le camping, assez fourbus et sommes contents de trouver un bon matelas, à même le sol, mais confortable.

Lever vers 7 h 30, le ciel est d'un bleu d'azur, les paillottes peintes en ocre sont superbes encadrées, çà et là, de bougainvillées allant du rose profond au mauve donnent un charme particulier à cet endroit , une véritable petite oeuvre d'art, toute simple, dépouillée, mais ô combien adaptée à cet environnement , très belle réussite. Je vais féliciter le patron du camping, homme très jovial avec lequel nous discutons un long moment, notamment sur les problèmes algériens, le tourisme qui peu à peu reprend. Ici, pourtant nous sommes à 2000 km d'Alger, et les attentats et atrocités du Nord ne viennent en rien ternir la quiétude et la paix du Sud.