Dimanche :

Après un bon petit déj, le départ est prévu vers 11 h 30. Après une très longue attente qui nous permet de découvrir dans la rue, de terre battue, nos voisins. Tout d'abord, les majestueux dromadaires avec leur cou dépassant le mur voisin. Ils daignent nous jeter un regard hautain, mais bien sympa, dodelinant de leur tête, se faisant un brin de beauté en passant leur langue sur leur museau qui nous laissent découvrir une forte denture. Comme voisins, ils ont une famille, mais là aussi, pas de promiscuité avec les dromadaires, chacun chez soi, protégés par de hauts murs. Les enfants rentrent de l'école, et Sauveur qui est allé donner des stylos à l'instit nous explique, que vu le nombre restreint de classes, il y a un roulement, presque les 3 x 8 en somme. Les enfants sont charmants, évidemment, certains nous demandent des stylos, mais rien à voir avec d'autres pays magrébhins. C'est un peu normal, car ils ne voient pas souvent des touristes et ne sont pas encore trop "dégradés"par le tourisme.

Une petite fille nous montre des espèces de petits fouets tressés, c'est très joli, nous voudrions lui en acheter, car mieux vaut acheter des objets qu'ils ont travaillés eux mêmes, que de donner, sans compensation, ce qui, à mon humble avis, ne leur donne aucune motivation pour travailler. Nous demandons au guide de nous servir d'interprète. Comme le prix est très convenable, je fais la pub autour de moi et nous lui en achetons 5, mais problème, car nous n'avons que de l'argent français. Le guide prend l'argent français et donne aux fillettes l'équivalent en dirhams. Une lumière de joie dans les yeux des fillettes en guise du plus beau des remerciements.

Nous essayons de leur expliquer, car les grandes apprennent le français,qu'il faut qu'elles continuent à faire des objets, et même peut être à vendre quelques fruits, boissons, devant leur maison, évidemmment, si elles en ont l'autorisation, nous le disons aux guides. Car le camping étant excentré de Tam, celà fait loin pour aller acheter une bouteille d'eau minérale ou quelques fruits. De plus nous attendons depuis plus de 2 h les 4 x 4, mais comme nous ne savons pas l'heure exacte, nous n'osons partir en ville, donc il serait pratique, si réalisable, d'avoir la possibilité d'acheter ici et de faire ainsi travailler ces femmes.

Les Toyatas sont là... nous prenons place dans celui qui nous est désigné. Nous serons 5 : Kader notre chauffeur, Solange notre mamie, Bernard, J-Marie, super, famille.
Dans l'autre 4 x 4 : Intalla le chauffeur, Yaya le cuistot, notre benjamine, M. Claire, nos deux baroudeurs André et Sauveur sont prêts à l'embarquement. C'est super, deux véhicules, 10 personnes nous 7, les 2 chauffeurs et le cuistot, c'est une petite famille qui part en direction de l'Assekrem où l'étape est prévue ce soir.

Nous nous calons car la piste va être dure, par précautions nous avons mis nos ceintures lombaires J-Marie et moi, le lumbago récent du ski me fait prendre ces précautions, car avec la semaine de 4 X 4 c'est plus prudent que nous soyons "bien emballés" du bas du dos".

Au départ la piste n'est pas trop mauvaise, nous sortons de Tam par la droite du camping en longeant quelques habitations, mais bien vite la piste fait place à de grands plateaux rocailleux. Paysages pierreux, grands plateaux avec des rochers aux formes originales : "le doigt", "le pouce". Vers 14 h les voitures s'arrêtent près d'une guelta... eh oui de l'eau avec même quelques lauriers rose (pas encore fleuri, nous ne sommes qu'en janvier). Ce sera ici la pause du repas. Les guides nous donnent plus d'une heure pour faire un tour, eux, prépareront le repas, à l'ombre des lauriers. La température est super, il fait bon pas chaud. Chacun part de son côté à la découverte de son petit coin de paradis. Evidemment le but c'est d'aller longer l'oued.

J'ai trouvé un petit coin idéal, près d'une mini cascade, en contrebas, des dépôts blancs, c'est du sel je pense, je me le ferais confirmer par Kader. C'est sauvage, caillouteux, austère, mais ce gargouillis de l'eau met un point de fraîcheur dans ce décor. J-Marie et Bernard sont partis plus loin en aval de la guelta. Pour le retour nous remontons sur la rive opposée, mais par précautions après avoir été à la rencontre de J-Marie et Bernard, nous retraversons la guelta, car par le côté où nous sommes arrivés nous sommes sûrs de nous pas nous égarer.

C'est l'heure et la salade traditionnelle des touristes bédouins trône sur une couverture, mi ombre mi soleil. Finalement, il fait frais à l'ombre et déplaçons la couverture et la salade au soleil, les guides eux mangent à l'ombre des lauriers.

Très bonne salade, quelques dattes, verre de thé, nous aidons au rangement et ne laissons aucun détritus derrière nous, sauf les détritus végétaux car ils seront vite mangé par les animaux errants.

Nous remontons dans les 4 x 4. La montée à l'Assekrem est superbe, après les plateaux caillouteux, ce sont des massifs montagneux aux formes majestueuses. Quel décor minéral mais qui commence à prendre de belles couleurs. Les 4 x 4 nous déposent en bas de l'Assekrem sur un parking où se trouvent petit resto-hôtel camping. Il fait bon, le soleil commence à baisser c'est superbe, nous allons pouvoir, sans nous presser, arriver au sommet de l'Assekrem pour y admirer le coucher du soleil.

J-Marie et Bernard sont partis en avant-garde. J'attends Solange, car je n'ai pas l'intention de m'épuiser le premier jour, elle aussi me dit que sans se presser elle voudrait bien arriver au bout elle attends avec impatience ce moment. Pas de problème Solange, je vous attends, car moi aussi je me ménage. Il est vrai que çà monte dur, mais en peu de temps. Nous sommes à environ 2400 m et nous avons 300 m à gravir, mais le sentier est pentu mais fort bien entretenu ce qui fait qu'il n'y a aucun problème, nous y arriverons.

Quelques petits arrêts courts pour ne pas casser le ryhtme pendant lesquels nous échangeons quelques mots avec Suzanne, çà va elle tient bien et son souffle est bon. Je suis contente de voir Solange progresser lentement, mais sûrement vers le sommet,nous nous soutenons mutuellement, puis Bernard et J-Marie sont pratiquement arrivés et eux aussi nous stimulent. Au fur et à mesure que la lumière du soleil baisse les couleurs et les formes deviennent irréelles et majestueuses.

Nous y sommes, encore quelques marches et nous voici sur la plate forme de l'ermitage. Le spectacle est époustouflant, je crois que c'est encore plus beau qu'au Mont Ste Catherine dans le Sinaï. Nous sommes à 2780m comme l'indique une plaque. La vue s'étale jusqu'à 150 km nous dit le père Alain. Nous réussissons le temps, la luminosité, pas un seul nuage à l'horizon, c'est divin, superbe. Nous n'avons nullement envie de parler. Quel superbe lieu de méditation, ce Charles de Foucauld, franchement avait su trouver ce petit paradis.

Nous restons plus d'une heure à contempler la disparition du soleil à l'horizon et assistons ainsi aux changements de couleurs, d'ombres et de lumière qui peu à peu disparaît pour laisser place au crépuscule. D'ailleurs, nous redescendons avant que la nuit ne nous surprennent. La descente est plus rapide, mais il fait très froid, heureusement, j'avais prévu polaire et chèche pour mettre autour du cou. Jean-Marie n'a pas très chaud, il a juste une petite polaire fine, aussi nous pressons le pas.

En bas un 4 x 4 nous attend pour nous conduire au campement situé plus bas. Nous apprécions la douce température du véhicule. Merci chauffeur. Nous arrivons avec la nuit au campement. Pas facile de monter les tentes, mais avec les lampes frontales et l'aide des guides, le campement est vite monté. Pendant ce temps YAYA s'affaire à la cuisine et nous mijote une bonne chorba (soupe). Le feu va nous réchauffer et l'odeur du pain nous attire. Nous prenons place, plus ou moins bien assis, J-Marie prudent et profitant de l'expérience du Maroc, s'est muni d'un siège fort pratique, quant à moi j'utilise le pliant toile "Lourdes", pas très confortable, mais mieux tout de même que d'être à moitié allongée. La soupe nous réchauffe, car nous sommes à près de 2400 m et il ne fait pas très chaud, la "tagine" légumes et viande va nous donner des forces et des calories pour la nuit, dattes et thé clôturent ce premier bivouac nocture.

Vu la fraîcheur nous avons préféré monter les petites tentes, nous verrons plus au Sud, si nous dormons à la belle étoile. Après le repas nous faisons bien attention de ne pas nous entraver , nous avons une beau ciel étoilé, mais pas de clair de lune, avec prudence nous rejoignons nos "guitounes" pour la nuit. Inutile de vous dire que nous dormons bien habillés dans nos duvets, et même nous protégeons notre tête par le bonnet polaire Beuchat offert par Fredou...quel beau cadeau Fredou, merci... je crois que nous allons apprécier, car dans le désert les nuits sont très fraîches.

Dans la nuit le vent se lève et la tente fait "des vagues", mais résiste. A ma droite, un ronfleur : c'est tonton, mais bien vite le relais est vite pris par J-Marie. Enfin vers 6 h 30, Sauveur nous donne le signal du lever.