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16 Novembre

Départ à 7 h 45, le village est désert, les habitants aux champs.
Les amis ont assisté ce matin à une parade nuptiale dans la cour de la résidence. De nombreux canaux d’irrigation tout au long de la route… ici le climat est sec et il pleut rarement…. depuis des siècles les habitants se sont adaptés à la situation et ont creusé de nombreux canaux bien entretenus… comme dans beaucoup de pays à fort taux d’ensoleillement. Travail ingénieux…. mais les résultats sont à la hauteur du labeur : d’immenses champs d’oignons donnent une touche verte sur cette palette de couleurs.

Le nord-ouest argentin est pour moi le dépaysement total. J’aime ces paysages où se mêlent la force de la roche dans les éclatantes Quebradas. C’est le matin de bonne heure, que ces roches font admirer toute leur splendeur.

Paysage sauvage, surprenant parfois par la cohabitation de la roche, de la verdure des peupliers tels des gendarmes au garde à vous !!

San Carlos, Angastaco (1900 m) petites villes-oasis avec ses vignes, Le vin réputé « le patero » foulé aux pieds enchante nos palais. Ces villes-oasis sont placées tels des hâvres de paix à intervalles réguliers dans les Valles Calchaquies.

Etape pour le repas de midi à Cafayate (près de 12 000 habitants, à 1700 m). L’air est sec et frais le matin, mais très vite il fait chaud et à la pause repas…heureusement que nous bénéficions d’ombre pour déguster le « pantagruélique » repas fait de viandes grillées extras….arrosé bien sûr du réputé « Patero ».

C’est dur après le repas et sous la chaleur de visiter le site inca de Quilmes….les indiens Quilmes eux, survécurent aux Incas, mais hélas ne résistèrent pas au siège des Espagnols qui déportèrent les 2000 derniers habitants à Buenos-Aires….et nous, après un aussi bon repas et un aussi bon vin, nous ne gravirons pas jusqu’au bout la colline pour voir l’étendue des ruines.

Par contre ici, je discute avec un groupe de motards…dont un français. Ils sont 4 motards et se relayent pendant 18 mois….au total 120 personnes sont concernées et ainsi ils font le tour du monde. Aujourd’hui le groupe se compose de 3 Espagnols, l Français parisien !!! Le prochain relais : Santiago au Chili, puis l’Australie. Ce sont d’imposants monstres silencieux ces BMW.
Ils sont attablés à la Heladria Miranda (fierté de Cafayate) et, tout comme nous, dégustent une glace au vin….eh oui !!! au vin… je peux vous dire qu’elle est succulente et très rafraîchissante!!

Je discute longuement avec le Français sur l’organisation  et toute la logistique de leur périple. Incroyable ! quelle aventure pour ces motards venus de tous les pays….il faut être sacrément mordu.

Nous allons nous rafraîchir dans le Musée du Vin à Aramburo datant de 1807 et construit par une famille basque ; Imposantes machines anciennes pour « moudre » les grains de raisins…puis le jus repose de 25 à 30 jours, les sédiments restent au fond de la barrique. Barriques de 165 hl en caroubier pour la décantation et pour la conservation : tonneaux en chêne. Je remarque une pompe à vin de marque française : Fafeur (Carcassonne)…

450 000 litres sont exportés (60 %) et 40 % restent en Argentine. La spécialité de cette région est le vin blanc sec.

Nous arrivons à la nuit à Salta ville de plus de 500 000 h à 1214 m d’altitude. Difficile de trouver nos chambres…panne électrique, mais même sans électricité, le Refugio el Inca nous paraît original. Nous sommes fatigués et seuls les 3 hombres iront souper… nous partons nous coucher…nous y verrons plus clair demain matin.

 

17 Novembre

Le temps qui ce matin était ensoleillé devient quelque peu nuageux. Nous quittons la vallée de Lerma pour faire l’ascension de la multicolore Quebrada del Toro, pour atteindre la Puna. L’ancienne voie ferrée faisait des demi-tours, des spirales sur le parcours : 21 tunnels et 11 viaducs, 31 ponts de fer. Arrêt au Ponte del Toro, le plus impressionnant - 64 m de hauteur, 224 m en longueur pesant 1600 tonnes. Il enjambe l’énorme canyon désertique à La Polvorilla. Dans le lit de la rivière un engin enlève le gravier. Des paravalanches sont édifiés le long de la route pour éviter les chutes de pierres aux endroits délicats.

Arrêt contrôle à 2400 m, nous ne nous sommes pas aperçus de l’altitude. Le ciel est superbement bleu. Belle vallée avec rivière et peupliers.

Notre véhicule n’a pas l’autorisation pour cette Province……..mierda !!! Le guide téléphone et nous allons avoir une autre camionnette… nous poirotons près de 3 h…mais ne perdons pas le temps. Pierrot nous joue un petit air d’harmonica de son inspiration sur le Camino de Santiago. Nous buvons un coup de « Patero », on rit, on boit, on danse, on s’amuse comme des fous, Christian y va de sa petite histoire.

Finalement le véhicule de remplacement arrive, le chauffeur nous porte des casse-croûte, que nous mangerons dans le véhicule pour rattraper le temps perdu. Déchargement et chargement des bagages d’un véhicule à l’autre. On est en vacances…donc pas d’affolement, mais l’agence aurait dû prévoir. Cela n’était jamais arrivé à Luis qui nous dit qu’il est passé là plusieurs fois…et qu’il n’a jamais eu d’ennuis. Un excès de zèle de la part du contrôleur ! Allez donc savoir ???

La route n’est pas terrible et se transforme en piste. Autrefois il y avait le Tren a las Nubes (train des nuages). A Abra Chorillon à 4080m, arrêt photo.

Aucun effet d’altitude…même pas les oreilles bouchées…il faut dire que le mini bus va lentement et que je mâchonne des feuilles de coca et les fais macérer sous ma joue depuis près d’une heure.

Traversée de la petite bourgade minière de San Antonio de los Cobres (cuivre), hélas la mine a fermé.

Le viaduc de Polvorillo à 75m de hauteur et 115m de long est le seul viaduc en forme de courbe. Arrêt et petits marchands de souvenirs. Le guide nous dit que depuis la fermeture de la mine de cuivre et de la ligne de chemin de fer les habitants essaient tant bien que mal de s’en sortir…alors ils se sont reconvertis dans l’artisanat, pulls, sacoches en tout genre, onyx.

Nous faisons la pause casse-croûte tout en roulant. Nous allons arriver assez tard au Salar….mais finalement Jean-Marie notre photographe râleur est bien récompensé par une lumière exceptionnelle.

Un éblouissant éclairage nous attend à Salinas Grande. Nous avions vu le Salar d’Uyuni en Bolivie qui ne peut se comparer à celui-ci. Mais à Salinas Grande c’est la lumière, l’orage dans le lointain avec ces gros nuages couleur de plomb et ce soleil qui va se coucher derrière ses rideaux noirs, une merveille. Des étals faits en sel attirent les touristes, un vélo sert au vendeur à relier le salar à son village. Quelle dure vie qu’ont ces gens ! Des éclairs dans le lointain, le ciel s’obscurcit, mais miracle, notre attente est récompensée par le soleil qui vient nous dire un petit coucou avant de s’endormir. Des petites maisonnettes construites en blocs de sel et même une petite chapelle avec statue de lama en sel…quelques achats en sel…bien entendu…mais celui-ci ne fond pas.

Nous sommes rendus à 21 h 30 à l’hôtel… 3 h de retard mais qui nous ont permis de voir le salar sous une lumière extraordinaire.

Nous dormons au Terraza de la Posta à Pumamarca…il fait nuit et certains aspirent à se reposer… d’autres ont une petite faim.