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Jeudi 10 octobre :
Arrivée à ALEXANDRIE sous un beau ciel bleu. Nous avions quitté VENISE le dimanche au soir vers 18 h sous le charme de cette traversée du Grand Canal au crépuscule ce qui donne un charme encore plus grand à cette si belle ville.

Formalités au Port d'Alexandrie pendant près de 2 h. Cette année nous avons Brahim qui nous prend en charge pour toutes les formalités et qui va faire le nécessaire pour nous avoir la Lettre de Garantie pour le C/car qui nous autorise à séjourner sur le territoire égyptien 1 mois. Il y a 10 ans nous avions obtenu un carnet de passage en douane pour le véhicule. Cette année ce ne fut pas possible, vu le côut de la caution (250 % valeur veinale du véhicule !!!!). Donc après toutes ces formalités dans des bureaux aussi crasseux qu'il y a 10 ans... rien n'a changé, même les carreaux d'une baraque qui devait être provisoire, il y a dix ans) sont cassés, voire même fort opaques... Les gens sont serviables... mais ici on est un peu intéressé ...backchich par ci, backchich par là. Plus besoin de se baisser pour mettre nos plaques d'immatriculation égyptiennes, un homme va nous les placer ...moyennant backchich, il faut bien que ces gens travaillent. Donc tout est pour le mieux, après avoir déboursé en ce premier jour pas mal de Livres Egypt.

Nous embarquons Brahim au port et nous le laissons en ville, mais à proximité tout de même de la route du désert qui va nous conduire au Caire. Route déjà empruntée il y a 10 ans.

Ii est près de midi lorsque nous passons près de plusieurs écoles et collèges. C'est la sortie des élèves... Une nuée d'enfants nous font des signes de la main et hurlent de joie en voyant des "étrangers" ...je crois aussi qu'ils ont vu les VTT sur la galerie du C/car...ce qui les fait hurler de plus belle. Bernard n'en croit pas ses oreilles et ses yeux ...c'est une véritable folie qui s'empare de ces gosses, et au fur et à mesure que nous avançons ...la vague d'enfants augmente. Heureusement ils sont sur une hauteur et ils nous surplombent .
Nous répondons par des gestes de la main et de larges sourires.... il faut dire qu'avec les événements "intégristes" qui touchent depuis quelques mois l'Égypte, les touristes se font de plus en plus rare .... et alors des esseulés comme nous, en maison roulante.... il n'y en a pas. Nous sommes les Bédouins Farancawwi !!!

Ouf, Alexandrie est passé, sa foule, la circulation, et les cris d'enfants ...nous allons nous arrêter lorsque nous trouverons un parking pour casser une petite croûte... il fait chaud, çà y est nous sommes en vacances, après beaucoup d'émotions avant notre départ.

Parking en vu... repas vite fait, salades (depuis 10 ans progrès dans le domaine de la nourriture de voyageurs ...campeurs, roudaïres...) Bernard sort pour un petit besoin bien personnel, il revient ...j'ai vu un serpent .... gros .... comme çà ...mon Dieu, me dis-je, presque un boa ...moi qui ai une trouille folle de ces tubes visqueux qui ondulent au ras du sol ...bèh.
heureusement que l'envie ne me prit:..

Après cette courte halte nous reprenons la route du Caire. Cette route est appelée autoroute du désert .... mais en tant qu'autoroute elle n'a pas grand chose à voir avec les nôtres, mais c'est tout de même assez tranquille.

I1 y a 10 ans, le désert s'étendait à perte de vue d'un côté et de l'autre de cette "route du désert", nous constatons que la verdure a fait place à ce désert pierreux. De part et d'autre de la route, des arbres fruitiers, des villages, le désert peu à peu s'est laissé apprivoiser. Le travail de tous ces hommes a été bien récompensé, car peu à peu le désert revit.
Des villages se sont implantés au milieu de ces îlots de verdure, et cela fait chaud au coeur de voir que ces hommes se sont battus avec cette terre si difficile, ce soleil si chaud et ces conditions climatiques difficiles. L'espoir revient.

Nous arrivons en vue de Gizeh...les Pyramides nous apparaissent dans cette brume de fin de jour, brume teintée d'orangée laissant deviner un soleil qui va bientôt se coucher.

Le coup au coeur se renouvelle, presque avec la même émotion qu'il y a 10 ans. Bernard lui, est déjà venu il y a 2 ans, en février, et pour moi mon dernier voyage fut en février 88, mais le colossal, le mystérieux de ces 3 pyramides ne nous laissent pas indifférents.

Jean-marie est heureux d'être arrivé avant la nuit, il est près de 16 h 30 et d'ici 3/4 d'heure il va faire nuit ...donc recherche d'un camping proche des Pyramides.

Notre guide "Le Routard" mentionne 2 campings, un proche de Guizeh sur la route de Saqqarra, et l'autre à une 15 de km des Pyramides. Nous optons pour le plus proche...et nous voici sur la route dudit camping... chemin ...le chemin devient route asphaltée ...on traverse un pont sur un canal d'irrigation ...et là ??? c'est à droite ou à gauche ???

demandons : Camping ??? les gens nous regardent assez ahuris ...!!

les uns nous indiquent à droite, d'autres à gauche. On prend là où la route ressemble à une espèce de route... nous avons fait les 7 km indiqués par le guide, donc nous devrions être en vue de ce camping ...Rien, toujours rien... nous arrivons presque en vue de la pyramide de Saqqara... ce n'est pas ici, demi-tour...

Notre chauffeur bien aimé ne s'énerve pas. Nous sommes en vacances, pourquoi commencer à s'énerver. Arrêt sur un petit terre plein, là, nous allons demander à des gens habillés à l'européenne... Camping ??? ils parlent allemand, égyptiens travaillant en allemagne ??
camping, connaît pas.

Demi-tour, nous partons sur les Pyramides, là nous stationnerons.

Reprenons les chemins de terre, entrecoupés de quelques morceaux goudronnés, et sans se perdre nous voici au parking des pyramides. Ici, depuis 10 ans, changement.

On ne peut plus accéder au parking où nous étions il y a 10 ans, barrière, contrôles. Nous demandons si nous pouvons stationner sur le parking du bas. OK. La nuit tombe... Quelqu'un frappe au camping car...no possible..dormir... Bon, on va aller plus loin ?

mais où aller la nuit ?

Un homme de forte corpulence vêtu d'une galabieh et d'un chèche arrive vers nous. Il nous dit qu'il connaît un endroit où nous serons tranquilles ...Il monte dans le c/car. On longe un canal d'irrigation et l'on suit un cimetière proche des pyramides ...j'ai l'impression que nous sommes venus là avec J.Marie il y a 10 ans, le jour, mais je ne vois pas trop où il veut nous amener, car je ne pense pas qu'il y ait une route goudronnée. I1 nous palabre en anglais, qu'il a amené des italiens, non problem... Après le cimetière, la route devient piste..
et là la piste monte ...c'est du sable .... J.Marie prend son élan ...un coup, deux coups ...et çà y est ...on s'est planté.!!! Bon, çà commence bien ...ne nous affolons pas. La nuit est noire et le coin sans "réverbère", nous ne sommes pas sur les champs Élysées !!!

Re-tentative ...J-Marie recule pour prendre encore plus d'élan, Bernard, le Bédouin de forte corpulence (100 kg au moins) et moi descendons du c/car...nous encourageons le chauffeur et essayons au mieux de le guider ...peine perdue... replantage. Je marche à moitié dans le cimetière, et sur des gravats ...comme il fait nuit ...on ne voit pas trop s'il y a quelques rats rodeurs...J'essaie de trouver du carton, des chiffons pour mettre sous les pneus... puis tout à coup je me ravise ...que ce doit être un peu "décharge" ...et je pense aux rats, mais sans peur. Pour nous le but c'est de se sortir au plutôt de cet endroit et de filer sur du terrain dur.