6 h 53, nous sommes en vue d'Haïfa qui se teinte de belles couleurs orangées au soleil naissant. C'est fabuleux, déjà l'émotion de voir enfin cette Terre d'Israël que nous avions frôlé 3 fois, J-Marie lui, y était venu il y a une vingtaine d'années accompagner un groupe de jeunes, mais, je restais sur ma faim, avec l'espoir qu'un jour nous irions. Eh bien, en cette fin de siècle, enfin, me voici en vue d'Haïfa.
Ville qui s'étage sur le mont Carmel. Dominée par la coupole doré d'un temple, Haïfa nous apparaît dans ses plus beaux atours. La lumière matinale y est sublime et l'émotion grande.

L'accostement vers le quai est long, il en est toujours ainsi, un ferry n'est pas une twingo !!

Nous nous rendons dans les bureaux portuaires. Formalités assez rapides (2 h), pas de fouille du c/car mais long interrogatoire de rigueur. Le Service Douanes nous appose un macaron sur le pare brise, çà y est nous sommes en règle et pouvons sortir du port. Nous sommes étonnés par la durée assez courte des formalités. Nous nous attendons mutuellement, car nous avons besoin d'eux pour la traduction chez le garagiste afin de faire souder le pot d'échappement.

Heureusement, le St Esprit nous envoie "Emile", un Juif parisien qui a vécu à Paris jusqu'à l'âge de 18 ans. Il travaille à la Poste d'Haïfa et se met à notre disposition pour tout renseignement. Nous profitons de l'aubaine pour lui demander s'il connaît le garage Fiat. nous avons l'adresse dans la liste des concessionnaires mondiaux, mais lui nous indique un peu la route à suivre.

Nous tournons et retournons plusieurs fois le long du port, dans des ruelles assez étroites pour finalement trouver dans une impasse notre Fiat. Nos traducteurs expliquent, les employés regardent avec intérêt et admiration le C/c et sont curieux de monter à l'intérieur. Le temps que le pot se répare, nous partons avec Josyane tout près de là acheter quelques fruits, légumes. Quelle profusion de fruits et légumes, mais les prix, finalement sont plus chers qu'en France.

Nous revenons au garage, tout est prêt, mais il faut aller payer ailleurs, cette fois un des employés du garage monte dans le C/car et indique à J-Marie le garage où il faut régler la facture. Nos "Aixois" nous suivent pour la traduction. Ce sont des gens forts sympas. Les chiffres, en hébreu, sont difficiles à lire, mais leur ordinateur ne peut les imprimer en chiffres romains, tant pis, le Cdt du bateau comprendra Celà fait 320 F environ.

Nous revenons au port, sur le parking de la Poste, et là nous allons nous quitter, mais avant les Gilbert ont besoin de connaître où se trouve l'agence maritime afin de connaitre les jours et horaires des bateaux pour le retour. Eh bien, solution, Emile notre Israëlien sympa, travaille ici, nous montons le voir. Au premier bureau, pas d'Emile, mais un homme parlant français, qui à l'air un peu surpris que nous soyons montés directement dans les bureaux, çà ne doit pas se faire. Il sourit. Je pars plus loin accompagné de Patrick, je regarde dans les bureaux, et puis dans le couloir voici notre Emile. Il explique où se trouve l'agence, c'est très près du port. Nous le remercions chaleureusement. J'offre quelques chocolats, Emile est content.

Nous remercions les Gilbert en espèrant les retrouver dans le périple Israëlien, le pays étant petit, leur circuit correspondant à peu près au nôtre, nous comptons bien les retrouver et nous arroserons peut être Noël ou l'an 2000 ??? Inch Allah !
Nous partons en direction de St Jean d'Acre, car nous ne comptons pas aujourd'hui aller trop loin.

La circulation est dense à cette heure-ci, mais nous ne sommes pas pressés, nous avons tout notre temps. De plus AKKO (St Jean d'Acre) n'est qu'à 22 km d'Haïfa, facile il suffit de longer la côte.

La Bible nous apprend que, lors du partage entre les enfants d'Israël et du pays de Canaan conquis par Josué, Akko et ses environs furent attribués à la tribu d'Asher. Akko est mentionné comme un port de mer important sur les tablettes de Tell-el-Amarna (Egypte Akhénaton).
L'endroit est beau, de plus un grand parking en bordure de mer nous accueille, un bureau de Police fort important se trouve de l'autre côté de la route, donc je pense que nous n'aurons pas de problème.

La mer me tente, je vais faire une mini tentative de bain de pieds...pas très chaude, mais c'est tout de même bon. Pour l'environnement, 3 pêcheurs font une halte entre deux coups de ligne, halte grillade. Un mini bbcue et des morceaux de viande ? peut être escalope de dinde ou de poulet, c'est ressemblant. Plus loin sur la mer un superbe vol d'oiseaux qui ressemble à un vol de grues, es-ce possible ??? pourquoi pas ??? Le ciel est bleu, et victoire nous sommes en Israël, quel bonheur.

Petite sieste après manger, il est un peu tard après pour visiter la ville. Nous nous contentons d'aller faire un petit tour près des remparts, à 17 h il fait déjà nuit.
Partie de scrabble avec la mer comme décor, la mer est très belle, de plus il y a des rochers où se brisent les vagues . Le spectacle change à chaque flux et reflux, c'est fascinant de regarder ainsi la force des vagues.

La nuit a été calme à Akko, après le petit déjeuner nous partons visiter la ville. Il fait beau, mais l'air est frais.

Ville ancienne magnifique qui a conservé ses remparts et son plan datant des croisés. Le nom lui a été donné par les hospitaliers de St Jean de Jérusalem à l'époque des Croisades. En 1799 Napoléon s'y est cassé les dents, parce que les Anglais prêtaient main-forte à el Jazzar, tyran d'origine bosniaque dit "le boucher".
Enfin, les Anglais installèrent dans la Citadelle la prison centrale de Paletine où ils enfermèrent les résistants juifs, huit d'entre eux y furent pendus, si bien qu'Akko est pour l'Etat d'Israël un lieu important du souvenir.

Très belle balade dans la vieille ville où se cotoient églises, mosquées, ici, du moins avec nos yeux d'européens, il nous semble que la ville respire un climat de sérénité, peu de juifs vivent ici c'est surtout une population musulmane et chrétienne. Il y a de très belles fresques qui ornent l'entrée des maisons près du marché.

Nous visitons la cité souterraine des Croisés fort impressionnante. Là aussi, une hôtesse d'accueil au guichet parle bien français et reconnait notre accent toulousain. Elle a fait ses études à Toulouse, nous en profitons pour lui demander comment téléphoner en France, le code indiqué est faux. Nous discutons avec elle qui nous fait certaines recommandations puisque nous venons de débarquer en Israël, elle nous conseille d'être prudents sur les routes car nous dit-elle, les Israëliens conduisent comme des fous! .paürotte ! si elle connaissait les conducteurs Turcs, Egyptiens. Nous la remercions de tous ses bons conseils, et peut être reviendrons à Akko à notre retour. Etape pratique afin de reprendre le bateau, mais ne pensons pas au retour, nous arrivons.

Nous visitons la citadelle, faisons un tour au port et revenons par les remparts jusqu'à notre C/C. Nous assistons à une pêche à l'épervier. Un pêcheur arrive tout doucement dans l'eau, on dirait qu'il marche sur des oeufs, tant il avance avec précautions, et puis tout à coup, il jette son filet qui se déploie comme un éventail et le relève aussitôt. Pêche presque miraculeuse, car par trois fois, le filet est rempli...curieuse pêche, mais fascinante à voir.

Il fait beau, et cette première étape à Akko nous a charmé par son calme , étape toute proche d'Haïfa que nous apercevons au loin dans les brumes et qui, je le crois sera un point d'étape à la fin du voyage.

Nous partons en direction de la Haute Galilée et Golan. La route est bonne et les paysages variés, la circulation fluide. Nous nous arrêtons vers 16 h 30, après quelques hésitations pour trouver un camping. Nous rentrons même dans un kibboutz qui fait camping, mais pas à cette saison. Non loin de là, après Qiryat Shemona, nous trouvons une aire de pique nique. Nous demandons l'autorisation de stationner et d'y passer la nuit, pas de problème. C'est super, coin tranquille, aménagé avec des aires de barbecue, petit bassin avec ruisseau, bancs, jeux pour les enfants. Endroit super calme.

Quelque chose m'intrigue dans le ciel.???on dirait un dirigeable, je demande à des Israëliens venus boire un coup au resto situé sur cette aire. Ils m'expliquent que c'est un dirigeable d'observation, qu'à l'intérieur il y a caméra pour surveiller "Libanon"...j'ai compris, nous sommes très près de la frontière Libanaise, et les Israëliens sont méfiants et observent.

Nous faisons le plein d'eau et en profitons pour prendre une bonne douche. Excellente nuit sans prière du Muezzin, ici nous sommes en territoire Israëlien et les mosquées ont fait place aux synagogues.

Ce matin, le ciel est bleu, il fait frais, mais nous sommes dans le Nord de la Galilée et certainement pas loin des 900 m d'altitude. Il fait 7°5 à l'extérieur, 14° à l'intérieur, bien vite la température monte dès que le soleil tape sur le pare brise. J'essaie d'aller voir au café-resto si je dois payer quelque chose, mais c'est fermé, et finalement ce n'est pas un camping, mais bien comme nous le pensions une aire de pique-nique. Le décor est beau, eucalyptus et, en toile de fond, les montagnes du Liban.

Nous partons en direction de la frontière Libanaise.Entre Qiryat et Mettula, c'est une véritable féérie automnale, des vergers entiers prennent leur parure chaude d'automne, c'est magnifique, les tons orangés, jaunes, feux, rouge, se relaient sur les vergers, un vrai plaisir des yeux, tout celà sur un tapis vert. Le photographe est ravi, c'est vraiment sublime. Pommiers, poiriers rivalisent de couleurs. Derrière, en toile de fond, décor montagneux du Liban. Nous continuons jusqu'à Mettula (frontière Libanaise) d'où, parait- il, il y a une vue splendide. En ce jour de Shabbat, pas de circulation, les gens se reposent.

A Mettula, très beau point de vue, mais une barrière nous signale que nous sommes à la frontière libanaise. Demi tour, nous partons vers Tel Dan parc Naturel.

A l'entrée du site, on nous donne un plan. Ici la végétation y est luxuriante, fougères géantes, lianes, racines rampantes, on se croirait en Amazonie, mais ici pas de serpents. Dan, rivière aux flots tumultueux, à cet endroit la Dan est la plus large des trois sources qui vont donner naissance au Jourdain. Sur ses berges de très beaux arbres le Syrian Ash, lauriers, pistachiers, chênes kermès, le nerprun, l'argousier. C'est une véritable forêt vierge alors que tout près de là c'est plutôt semi-désertique. Mais là où est l'Eau est la Vie.

Parfois les branches entremêlées et basses nous obligent à nous baisser. C'est vraiment curieux. Au fil de la promenade, de petites collines nous livrent de beaux panoramas sur le site archéologique et la vallée du Sud Liban à deux pas. D'en haut nous découvrons un beau panorama, mais aux jumelles apercevons un tank ou jeep rouillée...barbelés..le Liban est tout près.

Tout en haut ville cananéenne qui, selon la Bible, marquait les limites de la Terre Promise. Fortifications du 9è Siècle avant J-C, en fin de balade, côté plaine Sud liban, un quartier de la ville, avec amorce de rues, fondations de plusieurs édifices, mais énormes blocs éparts gisent çà et là..peut-être des vestiges de remparts. Détruite par un roi assyrien Dan fut détruite au VIIIe siècle avant J-C.

Belle balade de 2 h, nous avons pris le temps. Nous rentrons au C/car et mangeons ici sur place. Le parking est plein, normal c'est le Shabbat et des familles sont venues marcher et pique niquer.

Ensuite direction Banyas (une des sources importantes du Jourdain) autrefois Cesarae de Philippe, situé à 15 km de Qiryat.

C'est Shabbat, je pense que nous ne serons pas seuls. Parc naturel très populaire, agréable petite randonnée dans sentiers balisés, piscines naturelles, le site est très verdoyant ombragé, nous continuons jusqu'à la cascade, mais en cette saison, le débit de la cascade est faible.

Parfois on entend le bruit de l'eau, mais la végétation est tellement dense que l'on ne la voit pas. Beaucoup de roseaux, d'arbres aux racines entremêlées, voutes de lianes aériennes qui là aussi nous obligent à nous baisser. Nous sommes même pliés en deux pour traverser un tunnel de verdure. A certains endroits la lampe torche aurait été la bienvenue.

Plus loin un grand bassin d'eau alimenté par une cascade, royaume des truites, Valérie serait contente. Il est interdit de s'y baigner. Mais lorsque nous arrivons sur le parking le soleil nous éblouit. Cette balade est à recommander en pleine chaleur estivale.

La tradition chrétienne identifie Banyas comme lieu où Jésus remit à Saint Pierre les clés de l'Eglise. Par contre les Protestants eux, reconnaissent l'endroit comme étant celui de la Transfiguration.

Aujourd'hui journée bien remplie, nous avons bien marché plus de 2 h le matin et 2 h après manger celà nous a fait le plus grand bien. Etant à la retraite nous avons le temps et comptons bien joindre le tourisme à la marche pour maintenir la forme.

Dans cette région de Haute Galilée, nombreuses bases et camps militaires et vestiges de matériel militaire abandonné. Dieu fasse qu'au seuil de ce 2ème millénaire la Paix et cette fois, une Paix durable refleurisse sur cette Terre Promise, mais promise à tous, Palestiniens, Juifs, Chrétiens, qu'enfin, ces hommes arrivent à vivre en Paix avec un meilleur souci de tolérance, mais la tolérance, n'est ce pas une vertu fort difficile à appliquer. SHALOM !! INCH ALLAH !!

Puisque l'aire de pique nique d'hier nous convenait, nous y revenons passer la nuit.
Ce soir "La Création" d'Haydn dans un décor aussi fabuleux en me remémorant tout ce passé, c'est très émouvant d'entendre un tel concert. Il y a 5 ans je n'étais pas loin de passer sur le billard, pour un "air bag" en moins.Dieu merci, je m'en suis bien tirée et suis si heureuse auprès de mon cher homme qui a su bien m'entourer. Merci mon Dieu pour cette épreuve qui m'a permis de voir les choses tout autrement. Je sais que maintenant, pour moi la vie sera différente.